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H/F Approches systèmes complexes des risques existentiels

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Informations générales

Référence : UPS3611-DAVCHA-008
Lieu de travail : PARIS 13
Date de publication : mardi 23 juin 2020
Nom du responsable scientifique : David Chavalarias
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 octobre 2020
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

Description du sujet de thèse

PROBLEMATIQUE
En mettant de côté le millénarisme pessimiste, on constate que la version laïque de la croyance selon laquelle l'humanité est vouée à disparaître est très récente. Si l'on peut faire remonter cette idée générale à la théorie de l'évolution de Charles Darwin ou au malthusianisme, on note que sa première version "tangible" arrive plutôt au début du XXe siècle, lorsque les sols agricoles sont mis à rude épreuve, juste avant la découverte du procédé Haber-Bosch. Cinquante ans plus tard, les tensions entre les Etats-Unis et l'URSS atteignent un niveau critique. L'horloge de la fin du monde indique alors 23h 58mn. Cette heure ne sera plus dépassée jusqu'en 2020, où l'horloge est avancée à 23h 58mn 20s.

Si les vieilles tensions de la guerre froide semblent s'être quelque peu apaisées, le XXIe siècle a vu apparaître ou croître de nouvelles menaces : terrorisme, épidémies, changement
climatique, crise énergétique, crises financières et économiques, etc. Alors que le problème de la gestion des armes nucléaires n'est toujours pas réglé de façon satisfaisante, certains chercheurs expriment déjà leurs préoccupations quant à l'émergence d'une intelligence artificielle générale [1]. D'autres s'inquiètent du possible développement d'imprimantes 3D à ADN bon marché, alors que le code génétique du virus Ebola est disponible en ligne librement.

Les risques auxquels sera confrontée l'humanité durant ce siècle sont nombreux, et ce dernier pourrait bien être une "ère de périls extraordinaire" [6, 7]. La hauteur des enjeux est soulignée par Nick Bostrom, qui définit un risque existentiel comme "un risque menaçant de causer l'extinction de la vie apparue sur Terre, ou de diminuer drastiquement et de façon permanente son niveau de vie (comparé à son potentiel de développement actuel)" [2]. L'importance de l'étude de ces risques ne vient alors pas du fait qu'ils soient probables, mais plutôt de leur ampleur s'ils devaient survenir [4].

Si nous commençons à pouvoir quantifier de façon satisfaisante certains de ces risques (la NASA a notamment mis en place un programme de repérage et de suivi des astéroïdes massifs), il s'agit pour la plupart de risques d'origine naturelle. Ceux-ci sont les moins dangereux a priori, étant donné qu'ils n'ont pas eu raison de l'humanité depuis 200 000 ans. Les risques les plus inquiétants aujourd'hui sont ceux d'origine humaine. Or, ils sont aussi les plus difficiles à étudier, puisqu'ils présupposent une bonne modélisation des sociétés humaines, des dynamiques de développement technologique, et du couplage entre
économie et environnement. Ces sujets portent tous sur des systèmes complexes.

Ce projet de thèse part de l'hypothèse que pour aborder la problématique complexe des risques existentiels, des approches orientées systèmes complexes sont nécessaires [10]. C'est ce type d'approche que cette thèse visera à développer de manière inter-disciplinaire : analyse historique pour identifier les propriétés qualitatives communes à diverses civilisations à la frontière de l'effondrement [3, 8], philosophie morale pour étudier la valeur des vies futures, épistémologie (par ex. paradoxe de Fermi, principes anthropiques). Ces approches qualitatives seront couplées à des approches quantitatives (théorie des jeux, simulations agents, analyse de réseaux) afin de caractériser le degré de stabilité de nos sociétés, en questionnant notamment leur réponse à des évènements exogènes imprévus [9]. Cette modélisation devra tenir compte à la fois des niveaux de corrélation entre les différentes sociétés, mais aussi entre les différents risques.

En étudiant l'émergence et l'influence des institutions sociales, l'objectif est de proposer des moyens concrets de diminution de des risques existentiels à moyen terme, afin d'imaginer les trajectoires dont l'humanité dispose pour aborder le XXIe siècle.

RÉFÉRENCES
[1] Nick Bostrom. Superintelligence. Dunod, 2017.
[2] Nick Bostrom and Milan M Cirkovic. Global catastrophic risks. Oxford University
Press, 2011.
[3] Jared Diamond. Collapse: How societies choose to fail or succeed. Penguin, 2005.
[4] Jean-Pierre Dupuy. Pour un catastrophisme éclairé. Quand l'impossible est certain. Le
Seuil, 2009.
[5] Claudius Gros. Complex and adaptive dynamical systems. Springer, 2010.
[6] Derek Parfit. On what matters, volume 1 & 2. Oxford University Press, 2011.
[7] Carl Sagan. Pale blue dot: A vision of the human future in space. Random House
Digital, Inc., 1997.
[8] Joseph Tainter. The collapse of complex societies. Cambridge university press, 1988.
[9] Nassim Nicholas Taleb. The black swan: The impact of the highly improbable, volume 2.
Random house, 2007.
[10] Chavalarias, D., 2020. From inert matter to the global society - Life as multi-level networks of processes. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences.

Contexte de travail

La thèse s'effectuera sous la direction de David Chavalarias (DR CNRS, HDR) entre l'Institut des Systèmes Complexes de Paris Île-de-France (ISC-PIF, http://iscpif.fr, CNRS, Paris 13eme) et le Centre d'Analyse et de Mathématiques Sociales (CAMS, EHSS, http://cams.ehess.fr) avec une localisation à l'ISC-PIF. L'étudiant devra avoir des compétences en modélisation des systèmes (mathématiques et informatiques) ainsi qu'une formation, ou au minimum une appétence pour les sciences sociales et la philosophie.

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