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Doctorant.e en géographie sur « la nature mise en (infra)patrimoine dans les villes d'Afrique de l'Ouest » (H/F)

Cette offre est disponible dans les langues suivantes :
Français - Anglais

Date Limite Candidature : vendredi 25 juin 2021

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Informations générales

Référence : UMR8586-EMIGUI-001
Lieu de travail : AUBERVILLIERS
Date de publication : vendredi 4 juin 2021
Nom du responsable scientifique : Christine Raimond
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 octobre 2021
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

Description du sujet de thèse

En accueil conjoint à l'UMR Prodig et à l'Institut Français de Recherche en Afrique du Nigeria (IFRA Nigeria), le/la doctorant.e conduira des recherches de terrain comparatives en sciences sociales sur les processus d'(infra)patrimonialisation des éléments végétaux dans deux villes d'Afrique de l'Ouest, l'une anglophone et l'autre francophone. Le projet de recherche doctorale du/de la candidat.e s'inscrira dans le cadre du programme ANR JCJC INFRAPATRI. « Savoirs et attachements au végétal urbain en Afrique subsaharienne (Bénin, Cameroun, Nigeria, Sénégal) : identification et production d'un infra-patrimoine », hébergé de mars 2021 à février 2025 par l'UMR Prodig et coordonné par Emilie Guitard (CNRS/Prodig), avec l'appui de Christine Raimond (CNRS/Prodig).

Contexte

Le projet interdisciplinaire INFRAPATRI souhaite appréhender les savoirs et les formes d'attachement au végétal dans quatre villes d'Afrique subsaharienne (Yaoundé au Cameroun, Ibadan au Nigeria, Porto-Novo au Bénin et Dakar au Sénégal), constituant ensemble un “infra-patrimoine” produit par les citadins en marge des démarches institutionnelles de patrimonialisation, reconnu ou non et restant souvent dans le domaine de l'implicite.
Les processus de patrimonialisation dans les villes des Suds sont en effet encore peu étudiés (Calas, Marcel, Delfosse, 2011) et principalement du point de vue des institutions globalisées (Gravari-Barbas, Jacquot 2013). Les travaux existants font peu état des dynamiques patrimoniales alternatives (Cousin, Mengin, 2011), fondées sur un rapport mémoriel des citadins à certains lieux et souvent ignorées des pouvoirs publics. En mobilisant la notion d'“infra-patrimoine”, nous proposons donc d'étudier ce rapport dans quatre villes d'Afrique subsaharienne. Dans chacune d'entre elles, l'analyse des récits mémoriels et des pratiques citadines en lien avec le végétal urbain permet de cerner les conditions d'existence, de transmission et éventuellement de reconnaissance de ces formes infra-patrimoniales, en regard de processus de patrimonialisation institutionnelle portant généralement sur le bâti, notamment colonial. Le végétal en ville, qui recouvre des éléments (plantes, arbres, bois et forêts) et des espaces multiples (jardins, parcs, cimetières, bords de route, berges, friches, champs, pépinières) fait pourtant l'objet d'usages variés (subsistance, marquage foncier, pratiques rituelles, soins de santé, etc.) portés par des savoirs d'ordre pratique - écologiques, culinaires, médicinaux - ou plus symbolique - rituels ou politiques (Juhé-Beaulaton, 2009, Bondaz, 2011, Myers, 2016). Ces savoirs et usages relèvent de collectifs divers, fondés sur la famille, l'identité ethnique, le religieux, le quartier, la profession, ou la représentation politique (Ernstson et Sörlin, 2019, Landy et al., 2017). Les cerner et les comprendre permet alors de saisir les conceptions populaires du passé et les processus mémoriels et de la transmission (Benoît, 2000), en relation avec l'espace urbain et la construction de soi en citadin (Dorier-Apprill et Gervais-Lambony, 2007).

Objectifs

La thèse s'attachera à comprendre les mécanismes de mise en (infra)patrimoine des éléments végétaux dans les deux villes retenues pour l'enquête. Il s'agira pour le/la doctorante de conduire ses recherches à l'interface entre, d'une part, les savoirs sur la biodiversité urbaine et les interactions quotidiennes de différentes catégories de citadins avec le végétal en ville et, d'autre part, les initiatives institutionnelles de patrimonialisation le prenant pour objet. Une attention particulière pourra ainsi être portée aux jeux d'échelles et aux rapports de force traversant les processus d'(infra)patrimonialisation du végétal urbain, depuis le local (l'habitation, l'espace public vicinal, le quartier) jusqu'à l'international (incarné par les grandes instances de mise en patrimoine telles que l'UNESCO et les institutions de développement comme l'AFD ou les réseaux de coopération décentralisée comme celui des maires de France par exemple), en passant par les échelons municipaux et nationaux. Dans cette optique, il conviendra notamment de s'interroger sur la mobilisation, par les acteurs de la patrimonialisation institutionnelle, de concepts tels que celui de « ville durable » et/ou sur l'identification du tourisme comme, à la fois, un enjeu de développement et un outil de la conservation du végétal identifié comme patrimoine urbain. En miroir, le/la candidat.e évaluera aussi la réception de ces initiatives de patrimonialisation institutionnelle du végétal urbain par les citadins, en regard de leurs rapports quotidiens avec celui-ci. Dans ce sens, on pourra par exemple s'intéresser plus particulièrement à la dimension rituelle de ces rapports (arbres-autels, forêt sacrée, bois abritant des petites églises africaines, etc.), aux projets artistiques les prenant pour objets (expositions d'art de rue s'appuyant sur la nature en ville, site accueillant des œuvres monumentales comme la forêt sacrée d'Osogbo, au Nigeria, etc.) et/ou à la valeur écologique attribuée à certains éléments ou espaces végétaux en ville, comme réserves de biodiversité et outils de mitigation du réchauffement climatique.

Terrains et approches

Afin d'appréhender deux contextes historiques contrastés, les terrains pour l'enquête comparative dans le cadre de cette thèse seront situés en Afrique de l'Ouest anglophone et francophone, avec une préférence pour les pays étudiés dans le cadre de l'ANR INFRAPATRI (Bénin, Cameroun, Nigeria et Sénégal). Le travail d'enquête, pouvant mobiliser différentes méthodologies des sciences sociales (ethnographie - observation, entretiens ouverts, etc.-, ethnoscience, analyses statistiques, relevés cartographiques géolocalisés, nethnographie, recherche archivistique, etc.) devra associer recueil de données primaires (auprès de différentes catégories de citadins et des institutions en charge de la gestion des éléments naturels en ville et du patrimoine urbain, à différentes échelles depuis le local jusqu'à l'international) et secondaires (dans les archives locales ou à l'international, auprès des services municipaux et des institutions de conservation, dans la presse locale et internationale, en ligne, etc.). La méthodologie mise en œuvre permettra ainsi de mettre en évidence les rapports de pouvoir entre acteurs aux différentes échelles, qui « invisibilisent » ou mettent en valeur certaines valeurs et pratiques du végétal en ville, ainsi que les complémentarités et conflictualités entre les différents processus de patrimonialisation « par le bas » ou institutionnelles (« par le haut »).
Les approches relèveront des champs de l'Urban Political Ecology, des études urbaines, des rapports des sociétés humaines à leur environnement et des recherches sur les processus de territorialisation et de mise en (infra)patrimoine.

Bibliographie

Benoit C., 2000, Corps, jardins, mémoires, Chemins de l'Ethnologie, Editions du CNRS, Paris
Bondaz, J., 2011, « Parcs urbains et patrimoine naturel en Afrique de l'Ouest. De la période coloniale au cinquantenaire des Indépendances », Géographie et cultures, 79 : 67-87
Calas B., Marcel O., Delfosse C., 2011, « Patrimonialisations en Afrique », Géographie et cultures, 79, 5-10.
Cousin S., Mengin C., 2011, « Porto-Novo, Bénin. Une patrimonialisation contrariée ? » In M. Vernières, Patrimoine et développement. Etudes pluridisciplinaires, Gemdev-Karthala, Paris : 111-136
Dorier-Apprill, E., Gervais-Lambony, P., 2007, Vies citadines, Belin, Paris
Ernstson H. et Sörlin S., 2019, Grounding Urban Natures: Histories and Futures of Urban Ecologies, Mit Press, Cambridge
Gravari-Barbas, M., Jacquot, S., 2014, « Patrimoine mondial, tourisme et développement durable en Afrique : discours, approches et défis », Via, 4-5 : 43-67
Juhé-Beaulaton D., 2009, « Un patrimoine urbain méconnu. Arbres mémoires, forêts sacrées et jardins des plantes de Porto Novo (Bénin) », Autrepart, 3: 75-98.
Landy, F., et al., 2017, "Les espaces protégés urbains, vecteurs de justice ou d'injustice pour les populations autochtones? Les cas de Xochimilco et des parcs nationaux de Mumbai et du Cap", Justice spatiale/spatial justice, 11, http://www.jssj.org/article/les-espaces-proteges-urbains-vecteurs-de-justice-ou-dinjustice-pour-les-populations-autochtones-les-cas-de-xochimilco-et-des-parcs-nationaux-de-mumbai-et-du-cap/
Myers G. A., 2016, Urban environments in Africa. A critical analysis of environmental politics, Bristol Policy Press, Bristol

Contexte de travail

Dans le cadre de l'UMR Prodig, le sujet s'insèrera particulièrement dans le programme ANR JCJC INFRAPATRI, dans lequel les deux encadrantes de thèse et membres de l'UMR sont fortement impliquées. Le/la doctorant.e participera aux échanges de l'équipe d'INFRAPATRI à ses différentes étapes, depuis l'élaboration de l'état de l'art et des protocoles d'enquête jusqu'à l'analyse et la présentation de ses résultats de thèse dans le cadre du programme. Le/la candidate bénéficiera en outre de l'appui méthodologique et logistique des chercheur.e.s impliqué.e.s sur les deux sites choisis, ainsi que d'un accompagnement en termes d'analyse par le collectif de chercheur.e.s du programme, lui permettant à la fois d'y contribuer et de développer ses propres résultats originaux dans le cadre de sa thèse. Il s'agira ainsi pour le/la candidat.e de documenter plus précisément les processus institutionnels (aux échelles municipale, nationale et internationale) de mise en patrimoine des éléments végétaux dans deux villes d'Afrique subsaharienne, et de croiser ces processus avec leur réception par les différentes catégories de citadins interagissant avec ces éléments au quotidien. En ce sens, le sujet de doctorat proposé est complémentaire des travaux engagés dans le programme INFRAPATRI, où il trouvera à la fois son autonomie au sein d'un travail d'équipe sur l'infrapatrimoine dans les villes africaines. Il s'inscrit aussi plus largement dans deux thèmes de recherche de l'UMR Prodig : le 2e thème, portant sur les « métropolisation, circulations et dynamiques urbaines » , et le 3e thème, consacré aux « changements environnementaux et enjeux de société » .
Au sein de l'IFRA Nigeria, le/la doctorant.e inscrira ses recherches dans les thèmes « Gouvernance urbaine » et « Environnement », développés de longue date au sein de l'Institut . Il/elle participera en outre pleinement aux activités de l'IFRA en termes d'appui à la formation des jeunes chercheur.e.s nigerian.e.s à la recherche en sciences humaines et sociales et à l'organisation d'évènements scientifiques (journées d'études, séminaires, colloques, etc.) en lien avec ses thématiques de recherche. Ainsi, tout en profitant d'un accès facilité à ses terrains d'enquête en Afrique de l'Ouest et en s'insérant dans les réseaux de recherche nigerian et français, le/la doctorant.e pourra acquérir une expérience et des compétences précieuses en matière d'animation et d'administration de la recherche, dans le cadre d'une institution académique bienveillante et à taille humaine.

Contraintes et risques

Le doctorat débutera en octobre 2021 et s'achèvera en septembre 2024. La recherche s'effectuera en alternance entre l'UMR Prodig à Aubervilliers, en France, et l'IFRA Nigeria à Ibadan, au Nigeria, à partir duquel le/la doctorant.e pourra effectuer plusieurs missions de recherche de longue durée sur ses deux terrains d'enquête en Afrique de l'Ouest (un mois minimum par mission). Sur une durée de 3 ans, 18 mois seront passés à l'étranger, dont 6 a minima en accueil à l'IFRA Nigeria.

Les séjours à l'IFRA Nigeria, ainsi que sur les terrains de recherche du/de la doctorant.e en Afrique de l'Ouest, seront organisés en concertation avec le Fonctionnaire Sécurité Défense du CNRS et les ambassades françaises, afin de respecter les consignes de sécurité en vigueur dans chaque pays.

Informations complémentaires

Le/la candidat.e devra être titulaire d'un diplôme de Master recherche en géographie. Le poste nécessite une expérience de recherche de terrain en sciences sociales, de préférence en Afrique de l'Ouest. De bonnes connaissances scientifiques sur les dynamiques urbaines, patrimoniales et écologiques sur le continent africain sont attendues. Par ailleurs, le/la candidate devra maitriser le français et l'anglais, à l'oral comme à l'écrit. Etant amené.e à travailler en équipe pluridisciplinaire et internationale dans différents contextes, des qualités relationnelles et d'adaptabilité seront particulièrement appréciées.

Les candidatures devront inclure un projet de recherche en 5 pages maximum, un CV détaillé, une lettre de motivation d'une page, un résumé d'une page du mémoire de Master et les notes de Master.

La date limite pour l'envoi des candidatures est le 25 juin 2021 à minuit.

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