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Contrat doctoral "international" IMAF Condorcet - CEDEJ Khartoum, H/F

Cette offre est disponible dans les langues suivantes :
Français - Anglais

Date Limite Candidature : jeudi 5 août 2021

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Informations générales

Référence : UMR8171-ELEVEZ-004
Lieu de travail : AUBERVILLIERS
Date de publication : jeudi 15 juillet 2021
Nom du responsable scientifique : VEZZADINI Elena
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 octobre 2021
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

Description du sujet de thèse

Un contrat doctoral de la durée de trois ans est offerte à un(e) candidat(e) H/F sur le thème suivant : l'histoire sociale des professions populaires féminines dans les milieux urbains pendant le Condominium anglo-égyptien au Soudan (1898-1956) à travers des sources photographiques, orales et journalistiques.

L'histoire des femmes est une des grandes absentes de l'historiographie du Soudan contemporain, et a fortiori l'histoire des "femmes ordinaires". Ceci est vrai davantage pour un des aspects fondamentaux de la vie des femmes, à savoir leur travail.

L'absence des femmes dans l'historiographie du nord du Soudan (l'actuelle République du Soudan), et en particulier pendant la période coloniale, est souvent considérée comme le résultat de deux facteurs étroitement liés : l'absence de sources et l'absence des femmes dans l'espace public en raison de la norme sociale de réclusion féminine. Cela va de pair avec une autre hypothèse courante : pendant la colonisation, la plupart des femmes qui travaillent contre rémunération sont des esclaves ou ex-esclaves, ou encore des femmes libres, mais originaires des anciens réservoirs d'esclaves du XIXe siècle. Leur statut leur aurait permis d'adopter des comportements interdits aux femmes libres, comme celui de se mêler publiquement aux hommes sur le lieu de travail.

Les documents officiels britanniques, situés dans les archives nationales de Khartoum et de Londres, sont en effet pauvres d'informations sur l'histoire des femmes, quel que soit leur statut, classe ou origine. Cependant, ils existent d'autres typologies de sources qui sont, au contraire, riches d'informations sur l'histoire des "femmes ordinaires". Un des archives les plus riches est le fond photographique du Sudan Archive de l'université de Durham (Royaume-Uni), qui abrite la plus grande collection de documents légués par les officiers coloniaux qui ont servi au Soudan. Cette archive inclut plus de 57 000 photographies, parmi lesquelles des centaines et probablement des milliers d'images représentant des femmes, la plupart qui date de la période comprise entre 1920 et 1950, et situées dans les zones urbaines. Il s'agit de documents fascinants et surprenants, qui semblent contredire la doxa historiographique. Ils montrent des femmes qui arpentent les rues et qui occupent régulièrement l'espace public – même si les espaces restent genrés. Par exemple, elles représentent des femmes travaillant au marché dans des sections spécialement dédiées. Deuxièmement, les photographies démontrent l'existence et même la grande diffusion du travail féminin rémunéré.

Cependant, les photographies ne représentent qu'un point de départ pour localiser un réseau d'autres sources. Tout d'abord, les sources orales : dans certaines photos de la collection, il est fait référence au nom des femmes représentées et au lieu dans lequel elles exercent leur profession. Dans certains cas, et probablement pour certaines professions plus que d'autres, il est possible de retrouver les descendants ou les jeunes collègues des femmes photographiées. Ainsi, la deuxième source cruciale pour ce projet sera représentée par les récits oraux des femmes professionnelles urbaines et de leurs familles.

Les sources orales et les photographies seront croisées avec un autre type de source largement sous-exploité, à savoir la presse féminine vernaculaire en langue arabe, qui s'est développée à partir des années 1940. Le croisement de ces trois types de matériaux permettra d'offrir des perspectives riches, complexes et complémentaires sur l'histoire du travail des femmes, même ces sources sont très probablement fragmentaires.

Enfin, loin d'éliminer la question de l'esclavage et de la marginalisation, ce projet cherchera à étudier les frontières entre le statut de libre et d'esclave, à remettre en question ces catégories et à mieux comprendre le lien entre le travail féminin et les hiérarchies sociales dans le Soudan colonial.

Contexte de travail

Le doctorant ou la doctorante rejoindra l'IMAF-Condorcet (UMR 8171, http://imaf.cnrs.fr/). Il sera inscrit dans l'école doctorale de l'EHESS mention « Droit, Études politiques, Philosophie » (https://www.ehess.fr/fr/doctorat-droit-%C3%A9tudes-politiques-philosophie ). Le lauréat (H/F) réalisera des séjours prolongés au Soudan et une double affiliation avec le CEDEJ à Khartoum (https://cedejsudan.hypotheses.org/) est prévue.

Contraintes et risques

Ce contrat doctoral fait partie d'un programme spécial appelé "contrats internationaux" accordé par le Centre national français de la recherche scientifique (CNRS), et il repose sur des conditions particulières : le contrat dure trois ans, au cours desquels le candidat (H/F) doit passer six mois à Paris et six mois à Khartoum chaque année. A Paris, il sera basé à l'Institut des Mondes Africains (IMAF), site Condorcet, Aubervilliers (Paris), qui est le plus grand centre d'études africaines en France (www.imaf.cnrs.fr). A Khartoum, le candidat sera basé au CEDEJ Khartoum (Centre d'études et de documentation sociales, juridiques et économiques au Soudan), centre de recherche affilié au CNRS (https://cedejsudan.hypotheses.org/).

La thèse de doctorat pourra être rédigée en français ou en anglais suivant les préférences de l'étudiant et sera mené en co-direction entre Mme Fabienne Samson (directrice) et Mme Elena Vezzadini (co-directrice).

Lors de ses périodes en France, une résidence du lauréat (H/F) dans la région parisienne est privilégiée. Une mobilité géographie nationale et surtout internationale est attendue du doctorant (H/F) pour effectuer des recherches archivistiques en Europe et au Royaume-Uni, autre qu'au CEDEJ Khartoum.

Pour ces mobilités, un petit budget de voyage peut être demandé auprès des laboratoires d'accueil ; toutefois, cela dépend des possibilités financières limitées de ceux-ci et peut varier d'une année à l'autre ; le candidat est encouragé à demander des soutiens financiers pour ces mobilités auprès d'autres institutions aussi.

Informations complémentaires

Le candidat (H/F) devra être titulaire d'un diplôme de Master en Histoire, de préférence sur un thème lié à l'histoire sociale et/ou à l'histoire du genre. Une connaissance préalable de l'histoire soudanaise est appréciée.
Puisque thèse de doctorat sera rédigée en anglais ou en français, le candidat (H/F) doit avoir d'excellentes compétences rédactionnelles dans l'une des deux langues.
Pour les candidats non francophones, une connaissance pratique du français et la capacité de communiquer dans cette langue seront un atout.
Enfin, idéalement, le candidat aura au moins une connaissance de base de l'arabe.

La sélection est divisée en 2 étapes : une première sélection sera effectuée sur dossier puis un entretien sera organisé le vendredi 20 aout 2021 pour les candidats (H/F) retenus.

Les dossiers de candidature devront inclure les pièces suivantes :
- CV en anglais ou en français.
- votre mémoire de Master en format pdf (s'il est rédigé en français, espagnol, italien, anglais, arabe ou une langue nordique) ; s'il est rédigé dans une autre langue, un résumé de 10 pages en anglais.
- Diplôme de master et tout autre diplôme pouvant appuyer votre candidature (cours de langue, etc.).
- une lettre de motivation de 1 ou 2 pages dans laquelle vous expliquez pourquoi le thème proposé vous intéresse.
- Une lettre de recommandation

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