Contrat doctoral (H/F) sujet : Territoires apprenants : repenser les trajectoires des données environnementales pour créer des modalités d’action à l’échelle des territoires

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Littoral, environnement, télédétection, géomatique

RENNES • Ille-et-Vilaine

  • CDD Doctorant
  • 36 mois
  • Doctorat

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Cette offre est ouverte aux personnes disposant d’un titre leur reconnaissant la qualité de travailleur handicapé ou travailleuse handicapée.

L'offre en un coup d'oeil

L'unité

Littoral, environnement, télédétection, géomatique

Type de Contrat

CDD Doctorant

Temps de Travail

Complet

Lieu de Travail

35043 RENNES

Durée du contrat

36 mois

Date d'Embauche

01/09/2026

Rémuneration

La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel

Postuler Date limite de candidature : lundi 22 juin 2026 23:59

Description du Poste

Sujet De Thèse

Sujet : Territoires apprenants : repenser les trajectoires des données environnementales pour créer des modalités d’action à l’échelle des territoires

Contexte de la recherche
Plusieurs recherches montrent que les connaissances ne suffisent pas à inciter à l’action (Sturgis et Allum, 2004). Plusieurs raisons l’expliquent.
Tout d’abord, la décision qui structure l’action est alimentée de nombreux autres éléments que la connaissance scientifique :
- le contexte socio-politique, qui peut favoriser ou au contraire freiner l’intégration des connaissances dans l’action. Une crise peut précipiter l’action et l’intégration, car elle peut ouvrir une fenêtre d’opportunité propice pour certains acteurs, mais d’autres paramètres peuvent venir contrarier ce processus (Gobert et Rudolf, 2023 ; Ingold et Gavilano, 2019);
- la réceptivité différenciée des acteurs et globalement des systèmes d’acteurs aux différents types de connaissances et savoirs (Carlet, 2014 ; Rudolf, 2022) ;
- les rapports de pouvoir à l’œuvre, ou le souhait de ne pas agir, que les travaux sur l’agnotologie mettent en avant (Proctor et Schiebinger, 2008).
En outre, les « connaissances » sont un matériau d’abord structuré selon une représentation du monde et souvent créé pour un type d’acteurs. A ce titre, la connaissance n’est ni neutre, ni assimilable en toutes conditions et en tout contexte (Millet, 2003).
Il ne suffit pas de rendre disponibles des connaissances acquises et de les communiquer, pour que les connaissances deviennent transformatrices. Il faut les traduire, les transformer (Audoux, 2016 ; Callon, Lascoumes et Barthe, 2001), et les mettre dans un format qui permet la réception. Or, cette réception est étroitement dépendante de celui qui la reçoit. Pour faciliter sa diffusion, elle doit passer par des intermédiaires.
D’où l’appel de plus en plus important à :
- l’effort appuyé en termes de vulgarisation des connaissances et de médiation scientifique (mouvement descendant) pour diffuser un certain nombre de savoirs, les partager et induire à l’action des collectifs d’acteurs, dont les acteurs publics ;
- la mise en dialogue des savoirs (situés, profanes, experts, expérientiels…) et des littéracies entre les différents producteurs, « opérateurs » et diffuseurs de connaissances (mouvement d’horizontalisation) ;
- la co-construction des connaissances comme moyen d’inciter à l’action les « décideurs ». Depuis une dizaine d'années, un mouvement mondial encourageant la coproduction de connaissances au niveau local sur le changement climatique et les solutions d'adaptation a vu le jour (Bremer et Meisch, 2017 ; Cvitanovic et al., 2015). Cette co-production nécessite de structurer des processus collectifs et situés de création, de validation et d'intégration des connaissances (Dewulf et al., 2020 ; Meah, 2019). Elle permet aux acteurs de se confronter dans un cadre spécifique et éventuellement de décider d'actions collectives ou individuelles (Burch et al., 2014 ; Nogueira, Bjørkan et Dale, 2021). Les processus de coproduction sont un moyen d'externaliser les pratiques de recherche et d'action et participent à l'acculturation (« scientificisation ») de la société (Beck, 2008 ; Joly et Kaufmann, 2013) ;
Dans le cadre du projet NEO, qui fait partie du programme PEPR VDBI, le/la doctorant.e travailler sur la circulation, les transformations, les usages de la connaissance au travers de la dynamique des territoires apprenants.
Le poste se situe dans un secteur relevant de la protection du potentiel scientifique et technique (PPST), et nécessite donc, conformément à la réglementation, que votre arrivée soit autorisée par l'autorité compétente du MESR.

Concept de territoire apprenant
Le territoire apprenant s’inscrit dans une reconfiguration des modes de gouvernance urbaine, où la planification et les politiques publiques ne sont plus conçues comme des processus descendants et figés, mais comme des dispositifs adaptatifs fondés sur la circulation et la co-construction actionnelle des connaissances (LUNDVALL, B.-Å., JOHNSON, B., 1994 ; MORGAN, K., 1997). Cette perspective, inspirée des « learning regions » (FLORIDA, R., 1995) et des systèmes d’innovation territoriale (COOKE, P. et al., 1997), postule que la capacité d’apprentissage collectif — via l’intégration de savoirs experts, profanes et expérientiels — est un levier clé pour répondre aux défis de transition écologique.
Ainsi, la formation des agents territoriaux peut jouer un rôle central dans la structuration de communautés apprenantes. En combinant l’acquisition de compétences techniques et le développement de capacités transversales (animation de forums hybrides associant chercheurs, élus et citoyens), ces dispositifs transforment les agents en médiateurs entre savoirs scientifiques et besoins locaux. Dans ce cadre, les données ne sont plus de simples supports à la décision, mais des « boundary objects» (Star et Griesemer, 1989) qui structurent les interactions entre acteurs. Elles permettent alors d’ajuster dynamiquement les stratégies d’aménagement (PLU, PCAET,…) ou de gestion des ressources, comme les politiques de végétalisation.
Les travaux sur la gouvernance adaptative (Folke et al., 2010) et l’apprentissage organisationnel (Argyroudis et al., 2020) soulignent que les territoires capables de métaboliser ces connaissances — en les transformant en actions via des dispositifs de médiation (Callon, Lascoumes et Barthe, 2001) ou de co-production (Dewulf et al., 2020) — développent une capacité réflexive accrue. Cette métabolisation passe par des séquences d’apprentissage situées, où les agents apprennent à traduire des données complexes en actions opérationnelles, tout en capitalisant sur des retours terrain pour affiner en continu les politiques publiques. Enfin, les réseaux d’échange inter-collectivités renforcent cette dynamique en favorisant le partage d’expériences et la co-construction de solutions adaptées aux spécificités locales, essentielle pour piloter des transitions complexes.

Questionnements :
Le concept de « territoire apprenant » (c’est-à-dire un espace où sont mis en exergue les différents flux de connaissances et partagés) peut-il être opérationnel ?
- Comment les données peuvent-elles aider à conduire à l’action publique ? ou l’action collective ?
- aQuelles sont les transformations, les intermédiations, les digestions dont elles doivent faire l’objet ? Toutes les données sont-elles vraiment utiles à la transformation des territoires et à structurer de nouvelles trajectoires d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, de diminution de l’utilisation des ressources, de préservation de la biodiversité, de limitation des émissions chimiques ?
- Quelles co-constructions avec l’ensemble des acteurs et « personnes concernées »
- Les carrières de la donnée pour devenir connaissance, savoir actionnable et décision.
- Comment repenser les flux de connaissances à l’échelle d’un territoire ?
- La formation en continu des acteurs opérationnels, des habitants/es, des élu.e.s est-elle suffisante ?

Disciplines : Science politique/ Sociologie de l’action publique/ Sciences de l’éducation/ Géographie/ Aménagement du territoire

Méthodologie
- Travail bibliographique sur les circuits de la connaissance, la territorialisation des connaissances, le lien entre connaissances et décision
- Travail sur l’ensemble de la documentation grise illustrant la production et le transfert de connaissance
- Observation participante, arpentage interdisciplinaire, etc.
- Entretiens semi-directifs (auprès des chercheurs, collectivités locales, associations, agents des collectivités, aménageurs…)
Le projet de thèse devra se consacrer à un des objets étudiés au sein du projet NEO. Il s’agira a priori de la lutte contre la surchauffe urbaine et l’objectif de confort d’été. Le travail d’analyse s’effectuera sur la comparaison de deux métropoles (Rennes, Dijon ou Nice).
Une mobilité internationale sera envisageable en fonction de l’avancée des travaux. (IRP Arizona, IRL Climoa).

Votre Environnement de Travail

Localisation : La thèse se déroulera sur le site de LETG de Rennes, des déplacements occasionnels seront effectués à l'Ecole nationale des Ponts (Champs Sur Marne).

Contraintes et risques

RAS

Rémunération et avantages

Rémunération

La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel

Congés et RTT annuels

44 jours

Pratique et Indemnisation du TT

Pratique et indemnisation du TT

Transport

Prise en charge à 75% du coût et forfait mobilité durable jusqu’à 300€

À propos de l’offre

Référence de l’offre UMR6554-JEANAB-004
Section(s) CN / Domaine de recherche Espaces, territoires, sociétés

À propos du CNRS

Le CNRS est un acteur majeur de la recherche fondamentale à une échelle mondiale. Le CNRS est le seul organisme français actif dans tous les domaines scientifiques. Sa position unique de multi-spécialiste lui permet d’associer les différentes disciplines pour affronter les défis les plus importants du monde contemporain, en lien avec les acteurs du changement.

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CDD Doctorant • 36 mois • Doctorat • RENNES

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