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Offre de thèse géographie, sociologie, sciences politiques (H/F)

Cette offre est disponible dans les langues suivantes :
Français - Anglais

Date Limite Candidature : vendredi 1 juillet 2022

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Informations générales

Référence : UMR6031-ANNPER-001
Lieu de travail : PAU
Date de publication : mardi 21 juin 2022
Nom du responsable scientifique : Xavier Arnauld de Sartre
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 septembre 2022
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

Description du sujet de thèse

Missions

La thèse de doctorat cherchera à analyser, d'un point de vue de sciences sociales, la qualification de la sismicité induite, en prenant pour cas d'étude privilégié le Bassin de Lacq. Il s'agira de comprendre comment, sur la base de l'invisibilité forte dont font l'objet les sous-sols dans nos sociétés, les incertitudes concernant l'origine anthropique des séismes structurent la manière dont cette question émerge comme problème public. En étudiant des controverses précises autour de la sismicité induite, le projet cherchera à comprendre comment le fonctionnement des instances de qualification du caractère anthropique des séismes d'une part, et les modalités de financement de la recherche d'autre part, contribuent à la négation de cette incertitude par les acteurs politiques.

Activités

La mise à l'agenda de la sismicité induite se fait sur un fond d'incertitude. En matière de sous-sol, et particulièrement de sismicité, l'incertitude n'est pas de l'ignorance : il est impossible d'attribuer avec certitude des causes à un événement. Mais cette incertitude prend une dimension politique quand les conséquences d'une connaissance se traduisent par des autorisations ou des interdictions, des compensations de dégâts, etc. La thèse analysera les mécanismes de qualification de la sismicité (induite ou naturelle) dans une région française où cette sismicité, quelle qu'en soit son origine, est importante : la région de Lacq, à proximité de Pau, où les séismes, anciens et nombreux, ont donné lieu à une mise à l'agenda limitée de la sismicité induite malgré une large activité industrielle en subsurface. Trois axes d'études seront traités : la mesure de la sismicité, la qualification du caractère induit de séismes, et la manière dont les différents acteurs (politiques, industriels, riverains) se saisissent (ou non) de cette question, avec une attention particulière portée à la notion d'incertitude, par opposition à ignorance.
Les questions de la perception comme de la publicisation de la sismicité induite sont d'abord envisagées à l'aune de son monitoring, moins pour être capable d'établir une mesure « objective » ou « stabilisée », mais pour souligner que le monitoring pose le problème de qui mène les mesures, du type de données qui sont collectées, et des modes de diffusion auprès du public. Comme le font remarquer Grigoli et al. (ibid.), l'accès aux données est souvent restreint au nom du secret industriel et, alors qu'une meilleure « acceptabilité sociale » pourrait émerger d'un effort de transparence, peu de données sont rendues publiques.
La sismicité induite pose ensuite la question de sa qualification d'anthropique (National Research Council (U.S.) 2013). Le problème qui se pose alors n'est plus l'indisponibilité des données, mais leur qualification. Or, les disputes sur la qualification d'anthropique sont éminemment stratégiques et politiques, notamment dans les zones, comme celle de Pau, où une sismicité naturelle préexiste les activités industrielles responsables d'une sismicité induite.
Le troisième axe de la thèse portera sur la manière dont, sur ces bases, les acteurs politiques se saisissent ou non de ces enjeux. Il s'agit d'une part d'analyser comment les modalités de financement de la recherche ont d'abord minoré les enjeux autour de la sismicité induite, puis ensuite valorisé les promesses vantant la certitude technique à mesurer, qualifier et prévoir les séismes au détriment de l'incertitude propre à la géologie dont l'objet d'étude exclut l'expérience directe. Il s'agit d'autre part d'étudier les procédures d'évaluation des risques des projets industriels susceptibles de provoquer de la sismicité afin de mettre en lumière la manière dont sont traitées les incertitudes liées à la sismicité induite.
La recherche doctorale s'organisera autour de trois piliers. D'abord, il s'agira de synthétiser la littérature internationale sur le sujet afin de déterminer les différents points de vue, les problèmes identifiés et les moyens mobilisés pour les résoudre ; le/la doctorant.e sera en ceci accompagné.e par les différents spécialistes qui encadreront la thèse. Ensuite, sur la base de l'état de l'art, le/la doctorant.e développera une étude de cas sur la France en analysant comment la sismicité induite s'est construite comme objet scientifique au cours du développement de l'activité industriel et de sa reconversion actuelle. L'interview des parties prenantes de la mesure et de la qualification de ces séismes sera un élément clef la compréhension de ces phénomènes. Enfin, il s'agira, au travers de l'étude de différents épisodes de sismicité induite liés à différentes filières, notamment dans la région de Lacq – étude très ancrée dans la littérature de sociologie des sciences et des techniques – de questionner la manière dont les controverses se sont, sur la base de cette incertitude, développées dans des cas précis.

Compétences

Les candidats auront soit :
• Un master ou un diplôme équivalent en géographie, sociologie, sciences politique.
• Des connaissances en géologie seront appréciées.

Contexte de travail

La thèse est financée par le CNRS dans le cadre du dispositif 80 PRIME.

La thèse sera une thèse de géographie, mais elle impliquera l'association de savoirs multidisciplinaires impliquant géographie, science politique et sciences de la terre. Elle est placée sous la responsabilité de Xavier Arnauld de Sartre, géographe, directeur de recherches au CNRS.

La connaissance du fonctionnement de la sismicité est la base du bon fonctionnement de ce projet – c'est la raison pour laquelle il associe un spécialiste de la sismicité, qu'elle soit d'origine naturelle ou anthropique (Guy Sénéchal) et un spécialiste de géologie structurale (Jean-Paul Callot).
L'étude la mise à l'agenda du problème sera dirigée par un politiste, spécialiste des controverses autour du sous-sol et de la politisation de ce milieu (Sébastien Chailleux). L'intégration de ces dimensions politiques géologiques et industrielles sera effectuée par le responsable de la thèse, Xavier Arnauld de Sartre, qui proposera d'appliquer la démarche de political ecology, dont il est spécialiste, à cet objet spécifique.

Le comité de direction de thèse, composé de ces quatre personnes, se réunira tous les trimestres pour échanger sur les directions à donner à la thèse et ses résultats. Les liens entre ces personnes seront favorisés par l'interconnaissance entre les chercheurs, et d'éventuels désaccords seront gérés en suivant l'intérêt du doctorant, décidé en dernier ressort par ce dernier en collaboration avec son directeur officiel.

Contraintes et risques

Résidence sur Pau
Aucun risque spécifique hors ceux du travail de terrain en zone OCDE.

Informations complémentaires

Les candidat.e.s transmettront :
— un curriculum vitae complet,
— une lettre de motivation expliquant leur motivation pour une thèse de doctorat en général, et cette thèse en particulier,
— un exemplaire de leur mémoire de fin d'études
Seules les candidatures transmises via le portail emploi du CNRS pourront être prises en compte.

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