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Doctorant/e (H/F) en technologie lithique spécialisé/e dans l'invention du débitage par pression en Asie du Nord-Est

Cette offre est disponible dans les langues suivantes :
- Français-- Anglais

Date Limite Candidature : dimanche 28 juillet 2024 00:00:00 heure de Paris

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Informations générales

Intitulé de l'offre : Doctorant/e (H/F) en technologie lithique spécialisé/e dans l'invention du débitage par pression en Asie du Nord-Est
Référence : UMR5608-JOSRAT-009
Nombre de Postes : 1
Lieu de travail : TOULOUSE
Date de publication : lundi 29 avril 2024
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 octobre 2024
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : La rémunération est d'un minimum de 2135,00 € mensuel
Section(s) CN : Hommes et milieux : évolution, interactions

Description du sujet de thèse

L'invention du débitage lamellaire par pression : nouvelles approches méthodologiques et applications archéologiques à la question de l'adaptation au Grand Nord asiatique d'Homo sapiens au cours du Pléistocène supérieur.
La microlithisation est une tendance de fond de l'évolution des techniques tout au long du Pléistocène supérieur et de l'Holocène. Caractéristique de nombreuses traditions d'Homo sapiens, elle est marquée par une forte diminution de la taille des outillages de pierre taillée et leur standardisation plus ou moins soutenue, qui constituent autant d'adaptations différentes à des situations environnementales et culturelles contrastées. Ainsi, tout au long du Pléistocène supérieur, des formes d'outils microlithiques se développent sur tous les continents, sans qu'il existe nécessairement de liens entre les différents contextes au sein desquels ils se manifestent.

Ce sujet de thèse s'intéresse à un type de production de lamelles très particulier qui constitue une innovation technique majeure et va connaître un succès retentissant en Asie du Nord-Est et en Béringie. Il s'agit du débitage de lamelle par pression (« microblade technology » dans la littérature internationale) selon la méthode dite Yubetsu, nom de la rivière japonaise du même nom où se trouvent les premiers sites identifiés. La méthode Yubetsu constitue en l'état des recherches un des premiers témoignages de détachement en série de lamelles par pression. Elle se rencontre sur une aire géographique immense, couvrant toute l'Asie du Nord-Est et la Béringie.

L'école française de technologie lithique a nettement contribué à l'avancée des connaissances sur les débitages par pression par des travaux pionniers associant lecture technique des vestiges archéologiques et constitution de référentiels expérimentaux indispensables à l'interprétation. Ces acquis méthodologiques, ensuite développés dans différents contextes géographiques et chronologiques, nous permettent aujourd'hui d'avoir une connaissance assez fine des stigmates techniques permettant de reconnaître un débitage par pression. Si l'école française parvient à bien distinguer sur un plan qualitatif des lamelles détachées par différentes techniques de débitage en fonction de stigmates particuliers caractéristiques, ces critères d'identification peuvent parfois ne pas être évidents lorsque l'on est confronté à une série archéologique partielle, surtout pour les modes de pression les plus simples et les nucléus les plus basiques. De ce fait, de forts désaccords subsistent pour établir des critères clairs de la reconnaissance de cette innovation technique.

Or, la question de l'origine et de la diffusion des débitages lamellaires par pression du Paléolithique récent nord-asiatique est aujourd'hui cruciale pour comprendre le phénomène de peuplement/repeuplement de l'Asie septentrionale et de la Béringie au cours et juste après le Dernier Maximum Glaciaire. Deux problèmes importants subsistent et constitueront autant d'objectifs prioritaires à adresser dans le cadre de cette thèse :
1) la caractérisation fine, quantitative et objective, des ensembles archéologiques présentés dans la littérature comme des candidats potentiels et anciens (c'est à dire antérieurs au Dernier Maximum Glaciaire) au statut de débitage par pression ; de nombreux cas, en particulier en Corée, au Japon et en Mongolie, posent de sérieux problèmes d'identification et doivent être revus avec de nouveaux critères d'analyse ;
2) l'absence de robustesse des critères diagnostiques d'un débitage par pression qui ne sont ni publiés, ni partagés et ne font l'objet d'aucun consensus à l'échelle internationale. Il s'agit du principal verrou à lever et cela ne peut se faire qu'en croisant des approches issues de différentes disciplines (technologie lithique, morphométrie géométrique, deep learning).
Missions du candidat.e

Le/la candidat.e s'attachera d'abord à développer une méthodologie adaptée pour identifier, de manière robuste et sans a priori, la technique de débitage par pression. Il conviendra d'abord de développer une méthode exploratoire se basant en premier lieu sur l'analyse 2D des contours des lamelles à l'aide des outils de la morphométrie pour entrainer des modèles capables d'identifier le matériel expérimental (indices de rectilinéarité et de parallélisme des bords ; transformées elliptiques de Fourier et analyses discriminantes multivariées notamment). L'analyse 2D des contours des lamelles expérimentales, via des transformées elliptiques de Fourier et des analyses discriminantes, reproductibles et dans les règles de l'art par le package Momocs et au sens large l'environnement R, visera ici à objectiver ce que les technologues perçoivent sur l'extrême régularité des spécimens obtenus par pression vis à vis de leurs homologues détachés par percussion directe ou indirecte. Ainsi, un traitement statistique des données morphométriques sur les lamelles obtenues à l'aide des outils de la morphométrie géométrique sera effectué. Ce volet inédit fera l'objet d'une collaboration avec V. Bonhomme et A. Evin (UMR ISEM), bioarchéologues et statisticiens. Les analyses statistiques viseront à explorer la variation morphométrique des lamelles, à comparer les différents modes de production (percussion/pression) et à développer, si les différences sont suffisamment contrastées, des outils d'identification. Ces analyses seront complétées d'approches de deep learning (réseaux neuronaux convolutifs) avec pour objectif de tenter de dépasser les approches morphométriques et, en sus, de supprimer les biais d'acquisition. Une fois cette méthode élaborée et testée sur le matériel expérimental, elle sera appliquée au registre archéologique de l'Asie du Nord-Est (Corée du Sud, Japon, Mongolie) afin de clarifier la question de départ et offrir des critères robustes pour établir les preuves formelles de la reconnaissance de la technique de détachement par pression au cours du Paléolithique récent.

Le ou la doctorant.e sera dirigé par N. Teyssandier à l'université de Toulouse Jean Jaurès (École doctorale TESC) avec un co-encadrement par Y.A. Gomez Coutouly. Il/elle sera rattaché au laboratoire TRACES au sein de l'équipe de recherche SMP3C et collaborera dans le cadre de cette thèse avec les membres du projet MITI-CNRS Under Pressure placé sous la direction de N. Teyssandier. Il/elle assurera en premier lieu le suivi des analyses effectuées sur les séries lithiques expérimentales en se formant à la mise en place des analyses 2D des contours et à l'adjonction du deep learning. Une fois ces protocoles garantis et utilisés en routine, donnant lieu à une publication méthodologique dans une revue internationale, il/elle effectuera des missions d'étude en Corée du Sud , au Japon et en Mongolie pour étudier les collections archéologiques des sites de référence. Le croisement de ces résultats lui permettra de proposer dans sa thèse à la fois une méthode robuste d'identification de la technique de débitage par pression et une application à la question de l'origine et de la diffusion de cette innovation dans le Grand Nord asiatique. L'acquisition de compétences et les interactions avec les spécialistes impliqués dans le projet lui fourniront un haut niveau de formation pluri- et interdisciplinaire.

Contexte de travail

La/Le candidat-e recruté-e sera financé-e par le CNRS. Le doctorat se déroulera à l’université Toulouse Jean Jaurès au sein du laboratoire TRACES-UMR 5608 (Travaux et Recherches Archéologiques sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés). Le doctorat sera dirigé par Nicolas Teyssandier (chercheur HDR CNRS, TRACES), avec la co-direction de Yan-Axel Gomez Coutouly (CNRS-UMR ArchAm).
Avec plus de 100 membres permanents et un équipement de pointe, l'UMR 5608 TRACES se positionne comme l'un des plus importants centres français et européens de recherche et de formation en archéologie. Parmi d'autres thématiques, la technologie lithique culturelle occupe une place très importante. Pôle de recherche de premier plan dans ce domaine à l'échelle nationale, TRACES regroupe à la fois des compétences scientifiques et techniques. Une partie de la plateforme ArchéoSciences et des équipements qui la composent est spécifiquement dédiée à la technologie lithique. La/Le candidat-e pourra bénéficier de tout l'appui logistique de TRACES et bénéficiera d'un espace dédié au sein de la structure. A TRACES, la/le doctorant-e sera intégré-e à l'équipe de recherche SMP3C (Sociétés et Milieux des Populations de Chasseurs-Cueilleurs-Collecteurs) et ses travaux de recherche pourront contribuer aux thèmes 1 « Approches actualistes : référentiels, expérimentation, taphonomie » et 3 « De la caractérisation des systèmes techniques à la reconstitution des dynamiques évolutives ».
Cette recherche alternera entre travaux de laboratoire en France, et séjours d'étude en Asie pour collecte de certaines données primaires.