Offre de post-doctorat en sociologie des sciences et des techniques (H/F)
Nouveau
- Chercheur en contrat CDD
- 24 mois
- Doctorat
L'offre en un coup d'oeil
L'unité
Laboratoire Interdisciplinaire Sciences, Innovations, Sociétés
Type de Contrat
Chercheur en contrat CDD
Temps de Travail
Complet
Lieu de Travail
77454 CHAMPS SUR MARNE
Durée du contrat
24 mois
Date d'Embauche
02/11/2026
Rémuneration
A partir de 3131 € bruts mensuels selon expérience
Postuler Date limite de candidature : vendredi 14 août 2026 23:59
Description du Poste
Les Missions
L’expérimentation agronomique, visant à tester des techniques ou pratiques culturales en conditions plus ou moins contrôlées, constitue depuis (au moins) le milieu du XIXe siècle un mode privilégié de production de connaissances pratiques pour l’agriculture. Documenter les évolutions de ses objets, de ses lieux et de ses acteurs constitue donc une voie pertinente pour examiner les mutations contemporaines des modes de production des savoirs et des innovations en agriculture, dans le contexte des transitions agroécologiques. Historiquement envisagée comme la mise en application, dans le contexte relativement confiné des stations agronomiques, de techniques ou d’intrants conçus souvent en laboratoire, l’expérimentation agronomique est en effet appelée à se renouveler profondément pour contribuer pleinement aux transformations des systèmes agri-alimentaires. Premièrement, la diversification contemporaine des pratiques agronomiques multiplie les thèmes et questions susceptibles de nécessiter la mise en place d’expérimentations agronomiques. Deuxièmement, le déploiement de l’agroécologie, impliquant l’intégration des pratiques agricoles au sein d’écosystèmes par nature variables spatialement et temporellement, rend indispensable une forme de relocalisation (et donc une diversification des lieux) de la production de connaissances et d’innovations. Troisièmement, les transitions vers des modèles plus durables demandent bien souvent des transformations globales des systèmes de production, et contribuent au renouvellement de l’épistémologie expérimentale : le développement des expérimentations dites « systèmes » permet par exemple de combiner différents leviers d’action, par contraste avec les expérimentations « factorielles », qui testent un nombre limité de variables en vue de conduire des changements plus incrémentaux.
Ces dernières années, plusieurs travaux ont étudié ce renouvellement des modalités de l’expérimentation en contexte de transition agroécologique, en s’intéressant à son organisation humaine et matérielle, à ses épistémologies, et également aux lieux où elle est déployée – en distinguant, par exemple, expérimentation en station ou en fermes commerciales. Si ces études ont pu documenter les mutations de l’expérimentation agronomique en prenant pour objet des configurations socio-techniques situées (des stations, des réseaux expérimentaux ou des démarches expérimentales bien ciblées), le paysage global de l’infrastructure expérimentale française en station reste peu documenté. En particulier, une diversité d’espaces d’expérimentations cohabitent bien souvent au sein d’une même zone géographique, depuis les stations les plus institutionnelles (INRAE, Instituts techniques, stations régionales) vers des lieux plus marginaux et mal connus (syndicats de producteurs, vergers conservatoires associatifs, espaces tests etc.).
Un enjeu central, qui constitue l’objectif principal de ce post-doc, est de comprendre 1) comment ces espaces plus ou moins visibles sont connectés entre eux, avec les organisations agricoles locales, et les agriculteurs eux-mêmes ; 2) dans quelles mesures ces stations renouvellent les formes épistémologiques et les réseaux socio-techniques soutenant l’expérimentation agronomique ? Ce second point sera abordé en portant la focale sur les lieux d’expérimentation les moins centraux/institutionnalisés au sein de l’écosystème de R&D et de l’encadrement agricole (en particulier, hors stations INRAE/Instituts techniques). L’enquête pourra ainsi s’articuler autour des questions suivantes : Quels types de lieux d’expérimentation cohabitent sur un même territoire ? Sur quels modèles économiques s’appuient-ils ? Quels acteurs y interagissent (coopératives, associations de producteurs, agriculteurs…) ? La différence de statut et de sources de financement des stations expérimentales a-t-elle un effet sur la nature des connaissances qui y sont produites, leur diffusion et leur utilisation ? Quelle version de l’agroécologie y est-elle mise à l’épreuve et promue ? etc.
Ce travail prendra pour terrain d’étude la filière horticole dans la région Pays de la Loire. Les missions envisagées s’inscriront en dialogue étroit avec une enquête similaire menée parallèlement en région PACA.
L'Activité
La personne recrutée conduira ses travaux dans plusieurs directions :
• La construction d’une cartographie, assortie éventuellement d’une typologie, des lieux d’expérimentations liés à la filière horticole en région Pays de la Loire. Cette cartographie visera à restituer les lieux, les projets, les sources de financement et les acteurs engagés. Elle pourra par la suite faire l’objet d’un traitement quantitatif du type analyse de réseau, en fonction du temps, des compétences et des envies de la personnes recrutée.
• Une série d’enquêtes situées dans des lieux d’expérimentations choisis pour représenter la diversité des configurations identifiées au sein des stations (hors INRAE et instituts techniques). Ces enquêtes seront réalisées par analyse documentaire (livrable des projets etc.) et entretiens auprès des gestionnaires, ainsi que des acteurs engagés dans des expérimentations au moment du travail de recherche. Des entretiens avec les personnels des lieux plus institutionnels (stations d’INRAE et des instituts techniques notamment) peuvent également être envisagés.
• Une enquête par questionnaires auprès des agriculteurs opérant à proximité des lieux d’expérimentations enquêtés est également possible. Ici s’agirait ici de mieux décrire le profil de leurs usagers, en termes socio-démographiques et de pratiques agronomiques.
Votre Profil
Compétences
• Savoirs et connaissances : sociologue (de préférence spécialisé en sociologie des sciences ou sciences and technology studies) ayant une bonne connaissance des mondes agricoles et si possible des enjeux épistémologiques/socio-techniques associés à l’expérimentation agronomique
• Savoir-faire : enquêtes par entretiens qualitatifs, constitution et traitement quantitatif de bases de données
• Savoir-être : capacité et motivation à travailler en équipe
Votre Environnement de Travail
Le post-doc s’inscrit dans le PEPR Transform, au sein de son PC2 – Émergence, dédié à l’étude des acteurs et projets du « tiers-secteur » en appui aux transitions agri-alimentaires – la notion de « tiers-secteur » étant entendue ici au sens large, comme regroupant le secteur non-marchand (e.g associations, syndicats), marchand à but non lucratif ou à lucrativité limitée (e.g économie sociale et solidaire, groupements professionnels), ou lucratif de petite taille (e.g coopératives). Outre l’expérimentation agronomique, le PC2 explorera par ce prisme plusieurs dimensions des transitions agri-alimentaires dont se saisissent une variété d’acteurs du tiers-secteur. La personne recrutée sera ainsi intégrée à une large équipe de chercheurs et chercheuses, majoritairement en sociologie et en économie, et sera accueillie au LISIS (laboratoire interdisciplinaire sciences innovations sociétés). Le LISIS, laboratoire majeur en France pour l’étude des sciences et techniques en société, constitue un écosystème scientifique riche et diversifié, avec de nombreuses ressources et compétences liés aux questions agricoles et alimentaires. Le travail sera réalisé en étroite collaboration avec deux autres post-docs recrutés sur des thèmes distincts (voir offres UMR9003-BAPBED-002 et UMR9003-BAPBED-003), mais partageant plusieurs questions transversales concernant le rôle et la place du tiers-secteur dans l’écologisation de l’agriculture.
Principaux interlocuteurs : Baptiste Bedessem (INRAE/UMR LISIS), Aurélie Cardona (INRAE/UMR Ecodéveloppement, Avgnon), Madeline Akrich (CSI, Ecole des Mines, Paris), Philippe Larédo (Université de Manchester), Vanessa Lea (CNRS, UMR Géode, Toulouse).
Contraintes et risques
Plusieurs périodes de travail sur le terrain en France (Pays de la Loire), à répartir selon les besoins de l’enquête
Rémunération et avantages
Rémunération
A partir de 3131 € bruts mensuels selon expérience
Congés et RTT annuels
44 jours
Pratique et Indemnisation du TT
Pratique et indemnisation du TT
Transport
Prise en charge à 75% du coût et forfait mobilité durable jusqu’à 300€
À propos de l’offre
| Référence de l’offre | UMR9003-BAPBED-001 |
|---|---|
| Section(s) CN / Domaine de recherche | Politique, pouvoir, organisation |
À propos du CNRS
Le CNRS est un acteur majeur de la recherche fondamentale à une échelle mondiale. Le CNRS est le seul organisme français actif dans tous les domaines scientifiques. Sa position unique de multi-spécialiste lui permet d’associer les différentes disciplines pour affronter les défis les plus importants du monde contemporain, en lien avec les acteurs du changement.
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