H/F - contrat doctoral - La recherche en santé environnementale à l’heure des politiques de circulation massive des données. Enquête sur les usages de l’IA
- CDD Doctorant
- 36 mois
- BAC+5
L'offre en un coup d'oeil
L'unité
Centre Norbert Elias
Type de Contrat
CDD Doctorant
Temps de Travail
Complet
Lieu de Travail
13236 MARSEILLE 02
Durée du contrat
36 mois
Date d'Embauche
01/09/2026
Rémuneration
La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel
Postuler Date limite de candidature : vendredi 3 juillet 2026 23:59
Description du Poste
Sujet De Thèse
Présentation
La recherche en épidémiologie est présumée connaître aujourd’hui une double « révolution des données » avec d’une part, la collecte et le traitement de données massives, définies par leur volume, leur diversité et leur hétérogénéité (Leonelli, 2019) et d’autre part, une redéfinition des enjeux de ré-usage des données. Ces questions ne sont pas récentes : en effet, les cohortes épidémiologiques généralistes, dispositif phare de la recherche en santé publique (Goldberg et Zins, 2012), se sont positionnées très tôt comme des plateformes de recherche productrices d’une grande variété de données à destination d’une multiplicité d’usagers. Pourtant, les enjeux associés se posent en des termes renouvelés et ils sont tout particulièrement saillants dans le domaine de la recherche en santé environnementale, qui fait un usage privilégié des cohortes pour appréhender les impacts de l’environnement au sens large sur la santé des populations.
S’agissant de la production des données, les chercheur.euses de la santé environnementale signalent l’avènement d’une « épidémiologie digitale » (via par exemple la surveillance des expositions à des polluants par le biais de capteurs embarqués, mais aussi le recours à des données tirées des médias sociaux ou des applications e-santé) (Engelmann, 2022) mise au service de la reconstitution de l’ensemble des expositions environnementales (défini comme l’exposome, Wild, 2005).
Par ailleurs, le problème des usages multiples est aujourd’hui en pleine recomposition, au point de devenir un opérateur de transformation majeur des mondes de la santé. En effet, au moins depuis la fin des années 2000, de nombreux acteurs publics et privés plaident pour la mise en circulation massive des données dans de nouveaux contextes d’usages (e.g Gagneux, 2009 ; Bras et Loth, 2013 ; Commission Open Data en santé, 2014), avec à la clé une promesse d’amélioration de la santé des populations (Inserm, 2022). C’est ce qu’on retrouve notamment dans les récentes politiques de réutilisation au niveau national et Européen (Règl. (UE) 2025/327). Le renouveau de la question des usages multiples adresse aux cohortes généralistes, et à la santé environnementale, de nouveaux défis, tels que l’explosion des ambitions de partage de données, notamment dans des réseaux européens, ou encore les réflexions sur les conditions de l’interopérabilité avec de nouvelles bases de données.
Les méthodes d’analyse fondées sur des algorithmes d’intelligence artificielle véhiculent de nombreuses promesses quant à leur capacité à transformer en profondeur les infrastructures de recherche que sont les cohortes généralistes à l’heure des politiques de production et de circulation massives des données. Il est notamment question, grâce à l’IA, de promouvoir une santé publique dite de précision (intervenir de la bonne manière, auprès de la bonne population, au bon moment) (Khoury et al 2016), ainsi que de démultiplier l’utilisation secondaire des données de santé (Villani, 2018 ; Ministère de la santé, 2025). Pourtant, la mise en œuvre de l’IA dans la recherche en santé publique a été à ce jour beaucoup moins étudiée que celle qui intervient dans des contextes de soin (Amelang & Bauer, 2019).
Le projet réalisé dans le cadre de ce contrat doctoral se focalisera particulièrement sur les infrastructures dédiées à la recherche santé environnementale, et sur les effets occasionnés par les dispositifs d’IA. Comment les enjeux actuels à produire ou agréger des données massives pour des usages multiples transforment-ils la manière de faire de la recherche dans les cohortes en santé environnementale ? Avec quelles conséquences sur les catégories de connaissance et d’action dans ce domaine ?
Au croisement de la sociologie de la santé et des Science and Technology Studies, la personne recrutée mènera une enquête approfondie auprès d’une ou plusieurs cohortes en santé environnementale utilisant des modèles d’IA dans ses processus de travail. Les méthodes mobilisées seront principalement qualitatives, et adresseront des réflexions sur les transformations des pratiques autour de la collecte des données, de leur gestion, de l’évaluation de leur qualité, de leur traitement au travers de modèles d’IA (et les questions éthiques afférentes), de leur massification et de leur mise en réseau dans des consortiums, de leur mise à disposition à destination de publics d’usagers. Ce faisant, la thèse abordera les enjeux autour de la production de la preuve et de la connaissance en santé environnementale, et leur traduction en matière de recommandation de santé, notamment de prévention.
Cette recherche doctorale s’inscrit dans les projets SandoSHS (Données de santé et SHS, porté par Quentin Dufour) et AlgoCare (chaire de recherche MIAI Cluster Université Grenoble-Alpes, Soins Algorithmiques, WP santé environnementale porté par Séverine Louvel). Par l’intermédiaire de cette double inscription, la personne recrutée bénéficiera d’un environnement scientifique dynamique et d’un accès garanti aux terrains d’enquête.
Profil et compétences recherchées
Requis :
- Master 2 en, sociologie, STS ou autre discipline proche (anthropologie de la santé, science politique, histoire des sciences ou de la santé, sciences de gestion, santé publique…) ;
- Première expérience significative d’enquête qualitative en sciences sociales ;
- Intérêt pour l’interdisciplinarité ;
- Aisance en anglais et en français, à l’écrit comme à l’oral.
Souhaité :
- Avoir une expérience d’enquête qualitative dans les mondes de la santé ou de la santé publique ;
Votre Environnement de Travail
- La personne recrutée bénéficiera d’un contrat doctoral de 36 mois avec une prise de poste prévue en septembre 2026. Le montant du salaire correspond au montant légal des contrats doctoraux en France, soit 2300 euros bruts.
- L’encadrement académique sera assuré par Quentin Dufour (CNRS, CNE, AMU) et Séverine Louvel (Sciences Po Grenoble-UGA et Pacte UMR CNRS).
- La personne recrutée sera inscrite au sein de l’ED355 d’Aix-Marseille Université.
- La personne sera rattachée au Centre Norbert Elias et au laboratoire PACTE. Elle bénéficiera d’un accès et des ressources liées à ces deux institutions.
- Le ou la doctorant.e participera aux évènements collectifs des deux centres de recherche (formation doctorale, assemblées générales, journées d’axes).
- Des déplacements fréquents entre Grenoble et Marseille sont à prévoir, ainsi que dans le cadre des enquêtes de terrain en fonction de leur localisation. Ils seront financés sur la chaire SANDOSHS.
Contraintes et risques
Pas de risques particuliers
Rémunération et avantages
Rémunération
La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel
Congés et RTT annuels
44 jours
Pratique et Indemnisation du TT
Pratique et indemnisation du TT
Transport
Prise en charge à 75% du coût et forfait mobilité durable jusqu’à 300€
À propos de l’offre
| Référence de l’offre | UMR8562-QUEDUF-002 |
|---|---|
| Section(s) CN / Domaine de recherche | Sociologie et sciences du droit |
À propos du CNRS
Le CNRS est un acteur majeur de la recherche fondamentale à une échelle mondiale. Le CNRS est le seul organisme français actif dans tous les domaines scientifiques. Sa position unique de multi-spécialiste lui permet d’associer les différentes disciplines pour affronter les défis les plus importants du monde contemporain, en lien avec les acteurs du changement.
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