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Doctorant.e contractuel.le international (H/F) "L'innovation tirée par le care : le cas du soin aux personnes âgées en France et au Japon"

Cette offre est disponible dans les langues suivantes :
Français - Anglais

Date Limite Candidature : mardi 6 juillet 2021

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Informations générales

Référence : UMR8173-SOUBEN-010
Lieu de travail : PARIS 06
Date de publication : mardi 25 mai 2021
Nom du responsable scientifique : Sébastien LECHEVALIER
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 octobre 2021
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

Description du sujet de thèse

La procédure pour postuler se fait en deux étapes :
1) Transmettre votre CV sur le site du CNRS : https://bit.ly/3yAmmh2
2) Envoyer les trois documents suivants à sebastien.lechevalier@ehess.fr :
- un projet de recherche de 4-5 pages (y compris une bibliographie), conforme à la description du projet ci-dessous ;
- un CV avec des informations officielles sur les notes reçues pendant le(s) programme(s) de master ;
- une lettre de référence.
Ces deux étapes doivent être complétées avant le 1er août (13h00, heure française).
Les réponses seront données avant le 15 août. Un maximum de 5 candidats présélectionnés seront auditionnés fin août - début septembre.

Objectif et sujet de thèse, domaine et thématiques scientifiques
L'accroissement de la longévité humaine et le vieillissement de la population constituent un défi majeur pour nos sociétés. L'un des enjeux essentiels concerne les soins pour les personnes âgées, qui font face à une perte d'autonomie et des formes de vulnérabilité. Dans ce domaine, l'apport de plusieurs technologies est reconnu comme une réponse possible, notamment au Japon, avec le recours à la robotique personnelle. Cependant, cette approche est également marquée par certaines limites, qui ont été bien identifiées notamment par des anthropologues (Wright, 2020) mais aussi les sociologues de l'innovation (Morey, 2020), entre autres.
L'hypothèse de départ de ce projet est qu'il ne s'agit pas d'un problème ponctuel, mais d'une impasse fondamentale liée à la façon dont sont articulés les besoins sociaux et les réponses technologiques. Il est donc urgent de reconnecter les dynamiques sociales et technologiques, en proposant un concept et des pratiques d'innovation, qui font du bien-être le critère ultime de l'innovation (Lechevalier, 2019).
En se focalisant sur la question de l'accompagnement des personnes âgées et en analysant certaines technologies spécifiques (robotique, intelligence artificielle, technologies de l'information et de la communication, dispositifs médicaux, etc.) au service de problématiques spécifiques susceptibles d'entraîner une perte d'autonomie, partielle ou totale (mobilité, déficiences cognitives, isolement, etc.), ce projet adopte une approche incarnée de l'innovation. La proposition est de mettre le concept de care (Molinier et al., 2009) au cœur de l'analyse.

Présentation détaillée du projet de recherche (+aspect coopératif)
Face à cette question générale, la mobilisation de terrains français et japonais est pertinente, au vu des points communs entre ces pays (dynamique de longévité, paradigme dominant d'innovation) mais aussi de leurs différences (contrat social entre les générations, formes de protection sociale, types de technologies mobilisées, etc.). La crise générée par la COVID-19 mérite également une analyse spécifique dans la mesure où elle a révélé des tensions et des choix implicites.
La littérature existante sur le sujet a fait des progrès importants ces dernières années en essayant de mieux intégrer le point de vue des usager.ère.s, qu'ils soient aidant.e.s ou aidé.e.s (Obayashi et al., 2020). Cependant, cette prise en compte est encore imparfaite, du point de vue de l'analyse du bien-être, et encore très marquée par la perspective de l'acceptabilité de certaines technologies. De leur côté, malgré de rares exceptions (Allouche et al., 2015), les approches centrées sur le care ont tendance à mettre de côté ce qui relève de la technologie.
Parmi les technologies pouvant être mobilisées pour le service aux personnes âgées faisant face à des problèmes d'autonomie et de vulnérabilité, on peut citer la robotique, l'intelligence artificielle, les technologies de l'information et de la communication [TIC]). Les domaines visés sont variés et concernent la communication, la mobilité ou les capacités cognitives. Le candidat devra identifier une ou deux technologies particulières ainsi qu'un ou deux domaines d'application.
Dans le cadre de ce projet, tout en étant en relation directe avec des concepteurs de technologies et des usagers, nous limitons l'ambition de notre contribution à un travail théorique (construction du concept d'innovation tirée par le care et définition d'un critère permettant d'évaluer l'apport des innovations aux besoins de care) et empirique (mise en place d'un protocole d'analyse des technologies et de leurs usages suivant ce critère) au sein des sciences sociales.
Le concept d'innovation tirée par le care est ainsi dans la continuité logique de nos travaux précédents sur l'innovation au-delà de la technologie, qui faisaient du bien-être et non pas de la compétitivité le critère ultime d'une innovation au service des besoins sociaux. La notion de care permet de préciser et spécifier ces derniers, en mettant l'accent sur les relations interindividuelles et sociales et en prenant en compte les dimensions à la fois matérielles et affectives. D'un point de vue empirique, nous visons à établir des critères pour qualifier une innovation tirée par le care (ou non), en introduisant un protocole d'analyse des technologies

Plusieurs éléments ressortent de ce projet :
1) L'objectif est de combler le fossé entre ces deux approches en proposant un concept d'innovation tiré par le care (innovation-led care).
2) L'approche méthodologique est fondamentalement pluridisciplinaire. C'est pourquoi sont invités à candidater des étudiants ayant une formation en sociologie ou économie de l'innovation, en STS, mais aussi en approches du care.
3) Une partie théorique du travail de thèse reposera sur la construction du concept d'innovation tirée par le care en mobilisant les littératures sur l'innovation et sur le care.
4) La partie empirique reposera à la fois sur des entretiens auprès des aidant.e.s et des aidé.e.s et sur la collecte de données à partir de sources, administratives et privées, françaises et japonaises, sur des indicateurs d'espérance de vie sans incapacité, sur les usages de technologies, leurs coûts et l'impact estimé en termes de bien-être.
5) Ce projet repose sur une démarche comparative internationale. L'intérêt de la comparaison avec le Japon est absolument essentiel. Quant à la comparaison avec la France, même si elle est préférée, elle peut, en fonction du profil du candidat, être le cas échéant remplacé par une comparaison avec un autre pays.

Références bibliographiques
Akrich, M. (1992). The description of technical objects. In Shaping Technology/Building Society. Studies in Sociotechnical Change, (p. 205-224.). The MIT Press.
Allouche, S., Laugier, S., & Lestel, D. (2015). Le care des robots. In Multitudes.
Berthou, V., & Gaglio, G. (2020). L'enrôlement différencié des usagers dans les living labs en santé et autonomie en France. Réseaux, N° 222(4), 165 198.
Dalgalarrondo, S., & Hauray, B. (2020). Robots and ageing Sociology of a technological promise. [Report, EHESS - Paris]. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03094729
Damamme, A., Hirata, H. S., & Molinier, P. (2017). Le travail entre public, privé et intime : Comparaisons et enjeux internationaux du care. L'Harmattan.
Guillemard, A.-M. (2010). Les défis du vieillissement : Âge, emploi, retraite, perspectives internationales. Armand Colin.
Guillemard, A.-M., & Mascova, E. (2017). Allongement de la vie : Quels défis ? Quelles politiques ? La Découverte.
Hirata, H. (2011). Le travail du care pour les personnes âgées au Japon. Informations sociales, n° 168(6), 116 122.
Isabet, B., Pino, M., Lewis, M., Benveniste, S., & Rigaud, A.-S. (2021). Social Telepresence Robots: A Narrative Review of Experiments Involving Older Adults before and during the COVID-19 Pandemic. International Journal of Environmental Research and Public Health, 18(7), 3597.
Joly Pierre-Benoît, 2015, « Le régime des promesses technoscientifique » dans Pourquoi tant de promesses ?, Hermann., p. pp.31-48.
Lechevalier, S. (Éd.). (2019). Innovation beyond technology: Science for society and interdisciplinary approaches. Springer.
Martin, B. R. (2016). Twenty challenges for innovation studies. Science and Public Policy, 43(3), 432 450.
Molinier, P., Laugier, S., & Paperman, P. (2009). Qu'est-ce que le care ? Souci des autres, sensibilité, responsabilité. Payot.
Morey, P. (2020). « La liberté en toute sécurité ». Les promesses des dispositifs techniques de géolocalisation des résident.e.s en EHPAD face aux tensions morales du care [Thèse de sociologie]. EHESS.
Obayashi, K., Kodate, N., & Masuyama, S. (2020). Can connected technologies improve sleep quality and safety of older adults and care-givers? An evaluation study of sleep monitors and communicative robots at a residential care home in Japan. Technology in Society, 62, 101318.
Seko, R., Hashimoto, S., Kawado, M., Murakami, Y., Hayashi, M., Kato, M., Noda, T., Ojima, T., Nagai, M., & Tsuji, I. (2012). Trends in Life Expectancy With Care Needs Based on Long-term Care Insurance Data in Japan. Journal of Epidemiology, 22(3), 238 243.
Shimohara, K. (2020). System Design of Community Toward Wellbeing. In S. Yamamoto & H. Mori (Éds.), Human Interface and the Management of Information. Interacting with Information (p. 254 263). Springer.
Sugawara, Y. M., & Saito, Y. (2016). Changes in disability-free life expectancy (DFLE) at birth between 2000 and 2010 across Japanese prefectures. International Journal of Public Health, 61(7), 739 749.
Suwa, S., Tsujimura, M., Ide, H., Kodate, N., Ishimaru, M., Shimamura, A., & Yu, W. (2020). Home-care Professionals' Ethical Perceptions of the Development and Use of Home-care Robots for Older Adults in Japan. International Journal of Human-Computer Interaction, 36, 1 9.
Wright, J. (2020). Comparing the Development and Commercialization of Care Robots in the European Union and Japan. Fondation France-Japon Discussion Paper Series n°2020-01.

Contexte de travail

Le contrat doctoral s'inscrit dans le programme des thèses internationales de la Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS. La/Le doctorant.e s'inscrira à l'école doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et sera affecté.e à l'unité mixte de recherche Chine Corée Japon (UMR 8173 CCJ). La thèse sera encadrée par Sébastien Lechevalier, directeur d'études à l'EHESS. Une année de terrain est à prévoir (possibilité de fractionner les séjours de recherche).
L'UMR est désormais située sur le Campus Condorcet (3, cours des Humanités, 93300 Aubervillers) où la/le doctorant.e aura accès à un poste de travail dans le bureau des doctorant.e.s. du CCJ.
Le CCJ est un laboratoire du CNRS, de l'EHESS et de l'Université de Paris. C'est l'un des principaux laboratoires français dédiés à la recherche sur l'Asie orientale et septentrionale, à partir des études chinoises, coréennes et japonaises mais aussi taïwanaises, mongoles et tibétaines. Il réunit le Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CECMC), le Centre de recherches sur la Corée (CRC) et le Centre de recherches sur le Japon (CRJ)

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