H/F Doctorant en Economie–Pastoralisme et coexistence avec le loup
Nouveau
- CDD Doctorant
- 36 mois
- BAC+5
L'offre en un coup d'oeil
L'unité
Laboratoire d'économie et de sociologie du travail
Type de Contrat
CDD Doctorant
Temps de Travail
Complet
Lieu de Travail
13626 AIX EN PROVENCE
Durée du contrat
36 mois
Date d'Embauche
01/10/2026
Rémuneration
La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel
Postuler Date limite de candidature : mardi 19 mai 2026 23:59
Description du Poste
Sujet De Thèse
A l’intersection des recherches conduites par le laboratoire sur les dynamiques agricoles territoriales et les formes de travail susceptibles de contribuer à la transition agroécologique, le projet de thèse vise à contribuer de manière significative à l’éclairage des interactions entre les acteurs du secteur agricole et les autres acteurs du territoire pour tenir compte du retour du loup dans les alpages français.
Mots clés : pastoralisme, loup, engagement citoyen, soutenabilité du travail, approche sensible.
Contexte
Le retour du loup dans les alpages français depuis 1992 a bouleversé les pratiques pastorales. La multifonctionnalité de ces territoires implique une forte proximité entre de nombreuses activités qui nécessitent des adaptations pour leur coexistence. Cette coexistence est notamment à l’origine de ressentis émotionnels qui interagissent avec les autres facteurs de prise de décision et influencent l’adoption des pratiques. Dans ce cadre, ce projet de thèse propose d’évaluer les impacts des programmes de bénévolat pour la garde des troupeaux. L’approche interdisciplinaire centrée sur l’économie institutionnelle combine un outil de recueil des données co-construit avec des artistes, afin de capturer les émotions, et des données issues des recherches en écologie pour confronter le ressenti à des mesures objectivées. La thèse s’insère au sein du projet CAASECOU qui propose de dépasser les approches monétaires pour appréhender le travail des éleveurs/bergers dans toute sa complexité relationnelle.
Question de recherche
L’adaptation des éleveurs à la présence de ce grand prédateur s’est traduite par l’adoption de mesures multi-niveaux (Vincent et Meuret, 2010 ; MTECT, 2024). Les éleveurs/bergers ont recours aux chiens de protection, installent des clôtures, et parquent les bêtes à proximité des cabanes des bergers. En complément, les politiques publiques ont évolué pour les accompagner avec la mise en place d’aides au gardiennage, l’organisation de prélèvements, et des indemnisations en cas d’attaque des troupeaux.
Les adaptations aussi bien des éleveurs/bergers que des loups ont toutefois entraîné des modifications de comportement qui impliquent une révision permanente des stratégies adoptées (Di Bernardi et al., 2025). Pour les éleveurs/bergers, cette situation, qui remet en cause des pratiques ancestrales dont les bénéfices pour les socio-écosystèmes de montagne sont depuis longtemps identifiés (Grosjean, 2020), est source d’inquiétudes d’ordre économiques, sociales, voire culturelles (Meuret and Osty, 2016). Elle soulève en particulier de nombreuses réactions d’ordre émotionnel liées à la coexistence des activités dans ces territoires de montagne hautement multifonctionnels : maintien de l’élevage dans des territoires occupés par des grands prédateurs, recours aux chiens de garde dans des territoires souvent touristiques, remise en cause d’une identité professionnelle par des injonctions sociétales multiples et parfois contradictoires (Akimowicz et al., 2025 ; Ouvrier et al., 2025).
Dans cet environnement en évolution permanente, des projets de mobilisation citoyenne ont été mis en place pour apporter un soutien aux éleveurs/bergers (Programme Pastoraloup de FERUS, Programme Entre chien et loup du WWF). Dans les Alpes du Sud, l’expérience acquise a notamment mis en évidence des bénéfices liés au renforcement du lien ainsi recréé entre les éleveurs/bergers et le reste de la société qui apparaît comme un élément clé pour le maintien durable des activités pastorales dans les territoires. Dans un contexte de prédation qui engendre une mutation profonde du métier, augmentant la charge de travail et la vulnérabilité psychique des acteurs de terrain, le projet de thèse explore le bénévolat d'appui comme une nouvelle forme de solidarité territoriale complémentaire au plan loup, capable de soutenir la santé des éleveurs et la pérennité des systèmes alimentaires locaux. La question de recherche de la thèse est la suivante :
Dans quelle mesure l’intégration de bénévoles non-professionnels dans les alpages reconfigure-t-elle les conditions de travail et la santé des acteurs de l’élevage extensif dans un contexte de prédation par le loup ?
Approche méthodologique interdisciplinaire
Dans le cadre d’une approche qualitative, l’utilisation de l’image comme méthode d’enquête sera un support indispensable pour faire transparaître des émotions lors des entretiens. La définition des émotions et de leur place en sociologie est directement en lien avec l’environnement social. L’émotion est alors étudiée comme l’expression momentanée d’un trouble qui doit son origine à un environnement donné (Bernard, 2022). Puis l’émotion se devra d’être analysée dans son rôle dans la construction de l’interaction sociale (Cerulo, 2021) avec la faune sauvage, les pairs et les autres usagers de la montagne et dans l'intériorisation de l’affect et son lien avec la santé psychique des professionnels du pastoralisme (Heinich, 2010).
Deux terrains complémentaires sont envisagés : les Alpes du Nord où l’arrivée du loup est plus récente, et les Alpes du Sud, où l’arrivée du loup est plus ancienne. Cette comparaison permettra de tenir compte de l’expérience acquise par les parties-prenantes et de comparer l’effet des environnements institutionnels sur les systèmes de valeurs et de croyances des éleveurs/bergers. Un terrain international pourrait permettre de trianguler les résultats.
Votre Environnement de Travail
Le Laboratoire d'Économie et de Sociologie du Travail (LEST) situé à Aix en Provence est une unité mixte de recherche du CNRS et d'Aix-Marseille Université. Spécialisée dans l'analyse du travail, de la formation et des organisations, le LEST regroupe une centaine de chercheur·es, enseignant·es et doctorant·es des sciences sociales du travail (sociologie, économie, gestion, science politique, droit, sciences du langage, géographie-aménagement). Lieu de travail également sur le site Universitaire de Gap.
École Doctorale : ED 372 d'Aix-Marseille Université, Sciences économiques et de gestion.
Formation et compétences attendues : Master 2 en sciences économiques, géographie sociale ou anthropologie économique. Bonne connaissance de la littérature sur la sociologie des émotions et le changement institutionnel. Enquête qualitative par entretiens semi-directifs individuels ou en focus group incluant codage des entretiens. Capacité à travailler en autonomie tout en s'insérant dans un collectif interdisciplinaire de recherche. Un permis de conduire B est obligatoire pour mener les entretiens en toute autonomie.
Liens utiles : http://lest.fr/fr/recherche/projets-recherche/anr-tdl
Rémunération et avantages
Rémunération
La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel
Congés et RTT annuels
44 jours
Pratique et Indemnisation du TT
Pratique et indemnisation du TT
Transport
Prise en charge à 75% du coût et forfait mobilité durable jusqu’à 300€
À propos de l’offre
| Référence de l’offre | UMR7317-NATBES-027 |
|---|---|
| Section(s) CN / Domaine de recherche | Economie et gestion |
À propos du CNRS
Le CNRS est un acteur majeur de la recherche fondamentale à une échelle mondiale. Le CNRS est le seul organisme français actif dans tous les domaines scientifiques. Sa position unique de multi-spécialiste lui permet d’associer les différentes disciplines pour affronter les défis les plus importants du monde contemporain, en lien avec les acteurs du changement.
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