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H/F Doctorant : L'évolution et les fonctions sociales des vocalisations humaines non verbales: une approche comparative

Cette offre est disponible dans les langues suivantes :
Français - Anglais

Date Limite Candidature : mardi 12 juillet 2022

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Informations générales

Référence : UMR5596-RABMAK-006
Lieu de travail : LYON 07
Date de publication : mardi 21 juin 2022
Nom du responsable scientifique : Dr. Katarzyna Pisanski (CNRS, DDL) et Prof. David Reby (ENES)
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 septembre 2022
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

Description du sujet de thèse

La thèse de doctorat sera financée par le CNRS grâce à une bourse 80-Prime. Elle s'inscrit dans le cadre d'un projet de recherche interdisciplinaire sur l'évolution et les fonctions sociales des vocalisations humaines non verbales, avec un accent particulier mis sur l'interculturalité. Le thésard sera basé au laboratoire Dynamique Du Langage (DDL) à l'Université de Lyon 2, ainsi qu'au laboratoire de bioacoustique de l'ENES à l'Université de Saint-Etienne .
Les vocalisations non verbales humaines telles que les rires, les cris, les rugissements et les grognements occupent une place unique dans le répertoire vocal humain (1–3) et ont pourtant reçu relativement peu d'attention dans les sciences de la voix humaine par rapport à la parole. Des preuves émergentes et convergentes suggèrent que les structure acoustiques (formes) et les 'fonctions' adaptatives des vocalisations non verbales humaines sont largement homologues aux vocalisations d'autres mammifères ; des cris de détresse chez les nouveau-nés des mammifères (4,5) aux rires des grands singes (6,7). Cependant, contrairement aux autres mammifères, y compris les primates non humains (8), les humains ont une capacité remarquable à moduler facilement et volontairement la structure acoustique de leurs vocalisations, et même à les produire en l'absence totale de stimuli endogènes ou exogènes qui déclencheraient normalement leur production chez les mammifères non humains. (8–10). La pression de sélection pour cette plasticité vocale sans précédent chez l'homme, qui est très certainement apparue avant la parole, pourrait avoir joué un rôle crucial dans l'évolution de la parole (9,10). De ce point de vue, les vocalisations humaines non verbales représentent des "fossiles vivants" du chaînon manquant entre les vocalisations des animaux et la parole humaine, et leur étude peut apporter un éclairage nouveau sur la façon dont les humains ont commencé à parler alors que les autres mammifères ne l'ont pas fait.
Dans ce but, le projet étudiera les vocalisations humaines non-verbales, des cris de douleur aux gémissements de plaisir, qui jouent un rôle important dans nos interactions sociales quotidiennes.(3). Les méthodes du projet comprendront provisoirement trois grands ensembles de travaux :
(1) Constitution d'une vaste archive interculturelle de vocalisations humaines non verbales. Les échantillons de voix comprendront à la fois des vocalisations spontanées ("authentiques") et des vocalisations volontaires ("jouées") recueillies dans une série de contextes sociaux, de groupes d'âge et de cultures, en exploitant une combinaison de ressources en ligne, d'enregistrements en laboratoire, collaborations internationales et de missions sur le terrain.
(2) Analyses acoustiques comparatives et création de stimuli re-synthétisés. A l'aide des logiciels Praat (11) et soundgen (1-12) l'étudiant mesurera les principaux paramètres vocaux non verbaux, tels que les fréquences fondamentales et les fréquences des formants, ainsi que les phénomènes non linéaires des vocalisations non verbales. Des techniques de resynthèse acoustique de pointe permettront de tester expérimentalement les effets causaux des vocalisations sur les réponses biologiques et comportementales des auditeurs humains lors de tests psychoacoustiques (voir par ex, (13–15) pour des études récentes utilisant cette approche).
(3) Tests psycho-acoustiques. Pour comprendre pleinement la fonction communicative des vocalisations humaines, nous devons étudier à la fois les informations acoustiques qu'elles codent et la façon dont ces informations affectent les auditeurs, entre et au sein des cultures. Dans une série d'expériences de perception menées en laboratoire, sur le terrain et en ligne (par exemple sur Prolific), l'étudiant présentera à des auditeurs humains des vocalisations naturelles et/ou leurs variantes re-synthétisées au sein et entre un sous-ensemble de cultures échantillonnées. Les auditeurs jugeront les vocalisations en fonction d'une caractéristique ou d'un état biologique et/ou social pertinent en évaluant, par exemple, le degré de douleur exprimée par une personne (16) ou la force d'une personne (17). En faisant correspondre les jugements des auditeurs aux paramètres acoustiques des stimuli vocaux, nous pouvons tester un certain nombre de prédictions spécifiques sur le rôle fonctionnel de ces paramètres ou types de vocalisations, y compris leur universalité potentielle.
Le projet 80-Prime comporte un élément comparatif interculturel essentiel. Malgré l'importance biologique et sociale des vocalisations non verbales, ces sons vocaux restent très peu étudiés chez l'homme, et ceci est particulièrement vrai pour les sociétés qui ne sont pas "WEIRD" (occidentales, éduquées, industrialisées, riches et démocratiques (18). En effet, la grande partie de la recherche sur le comportement humain est limitée aux étudiants universitaires WEIRD, ce qui limite considérablement la généralisation des résultats à l'ensemble de l'espèce homo sapiens et empêche les chercheurs de déterminer les influences potentielles de facteurs tels que l'âge, la géographie, la culture, le statut socio-économique, l'exposition aux médias ou la langue sur le comportement non verbal humain. L'un des principaux objectifs du projet est donc de déterminer dans quelle mesure la production et la perception des vocalisations humaines sont universelles, et quels sont les facteurs qui permettent de prédire leur variabilité, en étudiant ce comportement dans diverses cultures. Cela impliquera au moins une mission de terrain majeure dans une petite communauté humaine isolée.
Il convient de noter que les modules de travail et les méthodes décrits ci-dessus ne sont que des indications de la structure générale du projet de recherche et qu'ils seront développés en collaboration avec le candidat retenu.
Le doctorat, d'une durée de trois ans, débutera le 1er septembre 2022. La recherche issue de la thèse de doctorat sera promue lors de conférences locales et internationales, d'événements 'grand public', et par la publication de plusieurs articles dans des revues de recherche internationales de premier plan dans le domaine des sciences biologiques et comportementales.

Références
(Nous encourageons les candidats intéressés à visiter les sites web des laboratoires pour en savoir plus sur les axes de recherche des laboratoires ainsi que les publications récentes sur le comportement vocal humain).

1. Pisanski, K., Bryant, G.A., Cornec, C., Anikin, A., et Reby, D. (2022). Form follows function in human nonverbal vocalisations. Ethol. Ecol. Evol.
2. Pisanski, K., et Bryant, G.A. (2019). L'évolution de la perception de la voix. Dans The Oxford Handbook of Voice Studies, N. S. Eidsheim et K. L. Meizel, eds. (Oxford University Press).
Anikin, A., Bååth, R., et Persson, T. (2018). Répertoire vocal non linguistique humain : types d'appels et leur signification. J. Nonverbal Behav. 42, 53-80.
4. Lingle, S., Wyman, M.T., Kotrba, R., Teichroeb, L.J., et Romanow, C.A. (2012). Qu'est-ce qui fait qu'un cri est un cri ? Un examen des vocalisations de détresse des nourrissons. Curr. Zool. 58, 698-726.
5. Koutseff, A., Reby, D., Martin, O., Levrero, F., Patural, H., et Mathevon, N. (2017). L'espace acoustique de la douleur : les cris comme indicateurs de la dynamique de récupération de la détresse chez les nourrissons pré-verbaux. Bioacoustique 0, 1-13.
6. Bryant, G.A., et Aktipis, C.A. (2014). La nature animale du rire humain spontané. Evol. Hum. Behav. 35, 327-335.
7. Scott, S.K., Lavan, N., Chen, S., et McGettigan, C. (2014). La vie sociale du rire. Trends Cogn. Sci. 18, 618-620.
8. Ackermann, H., Hage, S.R., et Ziegler, W. (2014). Mécanismes cérébraux de la communication acoustique chez les humains et les primates non humains : Une perspective évolutive. Behav. Brain Sci. 37, 529-546.
9. Pisanski, K., Cartei, V., McGettigan, C., Raine, J., et Reby, D. (2016). La modulation de la voix : Une fenêtre sur les origines du contrôle vocal humain ? Trends Cogn. Sci. 20, 304-318.
10. Fitch, W.T. (2018). La biologie et l'évolution de la parole : Une analyse comparative. Annu. Rev. Linguist. 4, 255-279.
11. Boersma, P., et Weenink, D. (2020). Praat : Doing phonetics by computer v 6.1.21.
12. Anikin, A. (2019). Soundgen : Un outil open-source pour synthétiser des vocalisations non verbales. Behav. Res. Methods 51, 778-792.
13. Anikin, A., Pisanski, K., Massenet, M., et Reby, D. (2021). Harsh is large : nonlinear vocal phenomena lower voice pitch and exaggerate body size. Proc. R. Soc. B Biol. Sci. 288.
14. Anikin, A., Pisanski, K., et Reby, D. (2022). Static and dynamic formant scaling conveys body size and aggression. R. Soc. Open Sci. 9, 211496.
15. Massenet, M., Anikin, A., Pisanski, K., Reynaud, K., Mathevon, N., et Reby, D. (en cours de révision). Les phénomènes vocaux non linéaires affectent les perceptions humaines de la détresse, de la taille et de la dominance dans les gémissements des chiots. Proc. R. Soc. B-Biol. Sci.
16. Raine, J., Pisanski, K., Simner, J., et Reby, D. (2018). La communication vocale de la douleur simulée. Bioacoustics, 1-23.
17. Raine, J., Pisanski, K., Oleszkiewicz, A., Simner, J., et Reby, D. (2018). Les auditeurs humains peuvent juger avec précision la force relative et la hauteur à partir de rugissements et de discours agressifs. iScience 4, 273-280.
18. Henrich, J., Heine, S.J., et Norenzayan, A. (2010). Les personnes les plus bizarres du monde ? Behav. Brain Sci. 33, 61-83.

Contexte de travail

Cette thèse est financée par le CNRS par le biais d'une subvention 80-Prime qui couvrira le salaire du thésard et les principales dépenses de recherche (par exemple, ordinateur portable, frais de recrutement, équipements d'enregistrement acoustique et associés aux tests psycho-acoustiques, frais de mission).
Le projet implique un partenariat entre deux équipes du CNRS spécialisées dans la communication animale, la linguistique, le développement de la parole et l'anthropologie :
1. Laboratoire de linguistique DDL (Laboratoire Dynamique du Langage, CNRS & Université de Lyon 2). Le laboratoire DDL possède une expertise sur les langues du monde entier et sur les mécanismes neuro-cognitifs du développement, de la production et de la perception de la parole chez l'homme.
2. Laboratoire de bioacoustique ENES (Équipe de Neuro-Ethologie Sensorielle, Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, CNRS & Université Jean Monnet, Saint Etienne). Le laboratoire ENES est un leader mondial dans le domaine de la communication vocale animale sur un large éventail d'espèces, y compris l'homme.
L'étudiant effectuera son doctorat au sein de ces deux laboratoires français partenaires, et aura accès à toutes les ressources et matériels essentiels des deux équipes, tels que l'ordinateur portable, l'équipement d'enregistrement acoustique, les chambres d'enregistrement insonorisées et les licences de logiciels. L'étudiant sera co-supervisé par les chercheurs principaux du projet, qui sont des leaders internationaux dans leur domaine, avec ensemble plus de 175 articles scientifiques :

Dr. Katarzyna (Kasia) Pisanski (chercheuse permanente CNRS @ DDL, ORCID 0000-0003-0992-2477; katarzyna.pisanski@cnrs.fr)

Prof. David Reby (Professeur @ ENES; ORCID 0000-0001-9261-1711)

Pour garantir sa faisabilité, le projet impliquera également des collaborations externes nationales et internationales (avec, par exemple, l'UCLA, l'UCL).
L'étudiant sera inscrit à l'école doctorale ED NSCo de Lyon, spécialisée en neurosciences & cognition : https://nsco.universite-lyon.fr/the-neurosciences-and-cognition-doctoral-school-ed-476-nsco--148506.kjsp?RH=ED-NSCO.
L'étudiant sera également encouragé à participer à Bioacoustics Winter School de l'ENES, un cours intensif de deux semaines sur la communication acoustique, qui aura lieu les deux premières semaines de janvier 2023.

Contraintes et risques

Dans le cadre des modules de travail décrits ci-dessus, l'étudiant sera responsable de la co-conception des protocoles expérimentaux, de la collecte et de l'analyse des données, et de la diffusion des résultats de la recherche, notamment par le biais de :

- Enregistrement vocal
- Analyse acoustique et creation de stimuli re-sythétisés
- Organiser, stocker et coder les données
- Le recrutement de participants, y compris la collaboration avec des équipes de recherche internationales pour élargir l'échantillon transculturel.
- Conception de plates-formes expérimentales en ligne pour recueillir des données dans le cadre de tests psycho-acoustiques, et réalisation de ces expériences avec des participants en laboratoire, en ligne et sur le terrain.
- Traitement des données et analyse statistique des données
- Rédaction des résultats de la recherche en vue de leur publication dans des revues de recherche et pour les rapports de thèse.
- Présentations de recherche (laboratoire, conférences nationales et internationales)

L'étudiant doit aider à coordonner et à collecter des données au cours d'au moins une mission de recherche majeure sur le terrain ciblant une population humaine isolée et peu étudiée à l'étranger. Les populations étudiées pour cette mission peuvent inclure, par exemple, les Yali de Papouasie-Nouvelle-Guinée ou les Māori des îles Cook, mais cela dépendra finalement de la situation globale, des conditions sur le terrain, de la coordination avec les équipes partenaires et des discussions avec le candidat sélectionné. La mission sur le terrain devrait durer de 1 à 3 mois. La collecte de données au cours de cette mission comprendra des expériences d'enregistrement et des tests psycho-acoustiques. L'étudiant contribuera aussi régulièrement aux activités conjointes des laboratoires DDL et ENES.

Informations complémentaires

Le poste est ouvert à toute personne ayant obtenu un diplôme de master avant le 31 août 2022. La préférence peut être accordée aux personnes ayant des connaissances et des compétences spécialisées en comportement animal, en communication acoustique, en biologie évolutive, en psychologie expérimentale, en neurosciences, en sciences cognitives, en sciences de la parole et du langage, en anthropologie ou dans une discipline connexe impliquant l'étude du son, de la cognition ou du comportement.

Le candidat doit avoir des bases en bioacoustique et en analyse acoustique. Une expérience dans l'analyse des paramètres vocaux non verbaux (par exemple, fo, formants, phénomènes non linéaires) serait particulièrement utile. Le candidat doit être compétent en matière d'analyses statistiques (par exemple, modèle linéaire mixte) et posséder de très bonnes compétences orales et écrites, notamment en anglais. Une expérience dans la conduite de protocoles scientifiques sur terrain, notamment dans des régions isolées et éloignées, ainsi que des connaissances sur la production et de la perception de la voix humaine ou animale sont des atouts supplémentaires. Le sérieux et la rigueur dans la conduite des protocoles expérimentaux et une capacité de travail en autonomie seront indispensables.

Les candidats présélectionnés seront contactés prochainement pour un entretien (en ligne ou en personne) qui aura lieu entre le 7 et le 12 juillet 2022.

Le dossier de candidature devra uniquement être déposé sur le portail emploi.

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