Contrat doctoral en traductologie Projet ATHAAR H/F
Nouveau
- CDD Doctorant
- 36 mois
- Doctorat
L'offre en un coup d'oeil
L'unité
Cognition, Langues, Langage, Ergonomie
Type de Contrat
CDD Doctorant
Temps de Travail
Complet
Lieu de Travail
31058 TOULOUSE
Durée du contrat
36 mois
Date d'Embauche
01/09/2026
Rémuneration
La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel
Postuler Date limite de candidature : mardi 28 avril 2026 23:59
Description du Poste
Sujet De Thèse
Contexte scientifique :
Le ou la doctorant·e mènera sa thèse dans le cadre du projet de recherche interdisciplinaire ATHAAR (« Apports THéoriques à la traduction multilingue de textes techniques et Applications émergentes pour la reconnaissance des textes ARabes manuscrits »), financé par l’initiative TIRIS Scaling Up Science en 2025 pour une durée de quatre ans (date de début : novembre 2025 ; porteur du projet : Guillaume Loizelet, Université de Toulouse). Ce projet s’inscrit dans les thématiques du pilier 2 TIRIS (Changement et impact sociétaux : appréhender les changements globaux et leurs impacts sur les sociétés ; priorité 3 : « Temps long des évolutions et des sociétés »).
À ce titre, le ou la doctorant·e bénéficiera d’un environnement de recherche de grande qualité, avec la possibilité d’interagir régulièrement avec l’autre doctorant et les chercheurs impliqués dans le projet et de participer aux activités scientifiques associées. Des interactions avec d’autres chercheurs et d’autres domaines du projet sont attendues, notamment avec des historiens de l’astronomie et des mathématiques.
Le projet ATHAAR a pour objectif de développer des outils efficaces et inédits dans deux domaines liés à l’édition critique et à la traduction de documents scientifiques :
• Le développement d’outils d’intelligence artificielle permettant la reconnaissance automatique de textes arabes manuscrits (HTR) et l’extraction d’information (LLM) à partir de ces sources en vue d’en faciliter la lecture. Il s’agit là d’un enjeu capital non seulement pour l’histoire des sciences, mais pour l’histoire dans son ensemble. C’est à cet objectif que répond la première thèse, en cours depuis le 01/11/2025, intitulée « Reconnaissance automatique de manuscrits scientifiques arabes médiévaux et développement de LLM dédiés » (Direction : Farah Benamara, IRIT ; co-direction : Nabil Hathout, CLLE ; co-encadrant, Guillaume Loizelet, IMT)
• La production de ressources théoriques en vue de l’établissement de traductions coordonnées d’une langue vers plusieurs langues de familles linguistiques variées d’un texte comportant une importante composante scientifique ou technique (dont al-Qānūn al-Masʿūdī, rédigé par al-Bīrūnī vers 1035, est un exemple spécifique avec l’arabe comme langue source ). C’est à cet objectif que va répondre la deuxième thèse, qui démarrera au 1er septembre 2026.
Une spécificité du projet ATHAAR est de réunir des chercheurs en histoire des sciences, traductologie et terminologie, intelligence artificielle, traitement automatique des langues, linguistique, mathématiques et textes arabes médiévaux (Farah Benamara, Nabil Hathout, Amélie Josselin-Leray et Guillaume Loizelet).
Le projet ATHAAR présente une forte dimension internationale. Il est attendu du doctorant ou de la doctorante qu’il ou elle tire parti des réseaux et des activités internationales liés au projet et à ses membres. Des déplacements sont envisagés pour réaliser de la collecte de données et/ou des communications scientifiques au niveau national et international.
Sujet :
Quel cadre théorique pour la traduction multilingue contemporaine coordonnée de textes scientifiques médiévaux ?
La thèse, à forte visée applicative, a pour objectif principal l’établissement d’un cadre conceptuel qui puisse être utilisable par différentes équipes de traducteurs travaillant dans différentes langues lors de la traduction de textes scientifiques médiévaux (liste non exhaustive de langues visées : allemand, anglais, arabe, castillan, français, hausa, hindi, indonésien, italien, japonais, mandarin, ouzbek, persan, russe, swahili, turc). Certains textes scientifiques ne sont en effet encore actuellement disponibles que dans la langue source ou dans une variété très réduite de langues cible (ex : traduits uniquement en langue russe, et parfois en langue ouzbèke, dans les années 1970-1980, à l’instar d’Al-Qānūn al-Masʿūdī d’ al-Bīrūnī (al-Bīrūnī, trad.) ou textes traduits uniquement vers le latin avant le milieu du XXè siècle, comme le Zīj al-Sābi’ d’al-Battānī (al-Battānī , éd. 1899-1907) et, au-delà de la difficulté de constitution des éditions critiques, se pose la question de la traduction coordonnée dans une multitude de langue cibles. La politique de science ouverte de l’Union Européenne a mis en avant la nécessité de diffuser les connaissances scientifiques au-delà du seul cercle des spécialistes. Un des piliers de cette politique est le déploiement du multilinguisme. Il importe donc que le texte édité soit traduit dans plusieurs langues (y compris au-delà des langues de l’UE) afin qu’il puisse avoir une large diffusion.
Un certain nombre de travaux ou de projets concernent la traduction multilingue ancienne de textes anciens (par exemple, projet ANR GAIA - Galen in Arabic. More than a translation, qui s’intéresse à la traduction de textes philosophiques grecs vers l’arabe à la période abasside). Toutefois, la question de la traduction multilingue contemporaine de textes anciens a été très peu abordée dans la littérature existante, et encore moins lorsqu’il s’agit de textes sources spécialisés tels que ceux traitant d’astronomie. C’est d’ailleurs très rarement sous l’angle de la traductologie que la question est abordée (à l’exception de Véronique Boudon-Milallot, philologue et historienne de la médecine française, qui s’interroge sur les enjeux de la traduction aujourd'hui de textes spécialisés d’hier, en se penchant sur la traduction contemporaine de textes médicaux grecs (Boudon-Millot, 2023). Parmi les principaux obstacles identifiés figurent l’identification du destinataire de la traduction, l’ordre des étapes (éditer avant de traduire, traduire avant d’éditer ?), la gestion du style pour une traduction dans une langue contemporaine, les difficultés terminologiques (néologismes, hapax, polysémie dans un état de langue ancien). La thèse visera à approfondir de manière théorique et à élargir ces implications qui relèvent en grande partie de questions d’ordre méthodologique.
Dans un premier temps, la thèse pourra s’approprier les outils méthodologiques à visée multilingue, comme par exemple la plateforme TraduXio (https://www.philippelacour.net/fr/traduxio/ ; Goncharova & Lacour 2011 ; Lacour & Henkel 2020), pour évaluer comment ils peuvent être théorisés. Le ou la doctorant·e sera par ailleurs accompagné·e dans la constitution d’une bibliographie lui permettant d’engager une réflexion épistémologique sur l’acte de traduire lui-même, en partie, par exemple, autour de la notion d’« intraduisibles » mise au centre des débats par Barbara Cassin (Cassin 2019). Un troisième axe de la thèse se penchera sur les spécificités de la traduction de textes spécialisés anciens (Duris 2008), notamment sur les questions de terminologie dans une optique diachronique (Ducos & Vigneron 2025). La fin de la thèse sera dédiée à une synthèse inédite entre ces approches théoriques et empiriques. Afin de trouver le juste équilibre entre investigation théorique et objectivation des concepts produits, le ou la doctorant·e pourra s’appuyer sur un réseau international (Allemagne, Chine, Égypte, Espagne, Iran, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Ouzbékistan, Pays-Bas, Russie, Turquie, USA) d’historiens de l’astronomie médiévale impliqué par Guillaume Loizelet dans le projet d’édition du Qānūn al-Masʿūdī rédigé par al-Bīrūnī (xie siècle).
Références
-Al-Battānī. éd. 1899-1907. Sive Albatenii Opus astronomicum. 3 vol. Édition, traduction en latin et commentaires par Carlo Alphonso Nallino. Milan : Pubblicazioni del Reale osservatorio di Brera.
-Al-Bīrūnī, Abū Rayḥān, éd. 1954-1956. Al-Qānūn al-Masʿūdī. Sous la dir. de Nizamū’d-Dīn. 3 vol. Hyderabad : Osmania Oriental Publications Bureau.
-Al-Bīrūnī, Abū Rayḥān, éd. 1954-1956. Al-Qānūn al-Masʿūdī. Édition par ʿAbd al-Karīm Sāmī Jindī. 3 vol. Beyrouth : Dār al-kutub al-ʿilmīyah.
-Boudon-Millot, Véronique, 2023. “Traduire Hippocrate et Galien aujourd’hui : pour qui? pourquoi?” , Lettre de l’INSHS, sept. 23, pp. 36-38.
-Cassin, Barbara, 2019, Vocabulaire européen des philosophies. Le dictionnaire des intraduisibles, Editions du Seuil.
-Ducos Joëlle et Fleur Vigneron (ed.), 2025. « La science par les mots ou comment former une terminologie scientifique au Moyen Âge », Cahiers de lexicologie, vol.1, n°126.
- Duris, Pascal (ed.), 2008 Traduire la science hier et aujourd’hui, Maison des sciences de l’Homme d’Aquitaine.
-Goncharova Yuliya et Philippe Lacour, 2011, « TraduXio : nouvelle expérience en traduction littéraire », Traduire n°225.
-Lacour Philippe et Daniel Henkel, 2020, « Collaboration Strategies in Multilingual Online Literary Translation », in R. Desjardins, C. Larsonneur and P. Lacour, When Translation Goes Digital, Palgrave, 2020.
Mots-clés
Traductologie, Terminologie, Multilinguisme, Textes spécialisés, Corpus, Histoire des sciences, Astronomie.
Encadrement :
Le ou la doctorant·e sera encadré·e par Amélie Josselin-Leray (PR, Université Toulouse 2 Jean Jaurès, laboratoire CLLE), conjointement avec Guillaume Loizelet (Université de Toulouse, IMT).
Profil recherché :
• Master en traduction et ou/traductologie (validé au moment de l’inscription en thèse) ou diplôme jugé équivalent. Un diplôme complémentaire dans un domaine scientifique pertinent constitue un atout ;
Compétences attendues :
• Capacité à travailler en équipe et à communiquer efficacement ;
• Rigueur et méthode ;
• Maîtrise obligatoire de l’anglais ou du français ;
• Maître de langues d’au moins deux familles linguistiques, dont une langue sémitique (la maîtrise de l’arabe n’est pas exigée, mais constitue un atout) ;
• Connaissance minimale de technologies de la traduction.
Votre Environnement de Travail
Rattachement institutionnel
La thèse sera réalisée au Laboratoire CLLE (Université Toulouse 2 Jean Jaurès), au sein de l’équipe PLC (Processus Langagiers et Cognitifs). Une codirection de thèse avec l’Institut de Mathématiques de Toulouse et l’Université de Toulouse sera mise en place afin de permettre au doctorant ou à la doctorante de bénéficier des deux environnements de recherche.
Le laboratoire CLLE (Cognition, Langues, Langage, Ergonomie) est une UMR CNRS créée en janvier 2007 et principalement hébergée sur le site de l’Université Toulouse Jean Jaurès.
Le laboratoire fait partie de l’Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS et est rattaché principalement à la section 34 du CNRS (Sciences du Langage) et de façon secondaire à la section 26 du CNRS (Cognition, Cerveau, Comportement) de l’Institut des Sciences Biologiques du CNRS. CLLE est donc une unité de recherche pluridisciplinaire relevant des Sciences Cognitives : les travaux qui y sont menés couvrent les champs, à périmètre plus ou moins large, de la linguistique, de la psychologie, de l’informatique, de la philosophie, de l’éducation et des neurosciences.
Rémunération et avantages
Rémunération
La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel
Congés et RTT annuels
44 jours
Pratique et Indemnisation du TT
Pratique et indemnisation du TT
Transport
Prise en charge à 75% du coût et forfait mobilité durable jusqu’à 300€
À propos de l’offre
| Référence de l’offre | UMR5263-ANNCAM-081 |
|---|---|
| Section(s) CN / Domaine de recherche | Sciences du langage |
À propos du CNRS
Le CNRS est un acteur majeur de la recherche fondamentale à une échelle mondiale. Le CNRS est le seul organisme français actif dans tous les domaines scientifiques. Sa position unique de multi-spécialiste lui permet d’associer les différentes disciplines pour affronter les défis les plus importants du monde contemporain, en lien avec les acteurs du changement.
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