Post-doc H/F 18 mois – Anthropologie – Diversité microbienne, technologie laitière & ferments lactiques en Mongolie
Nouveau
- Chercheur en contrat CDD
- 18 mois
- Doctorat
L'offre en un coup d'oeil
L'unité
Eco-anthropologie
Type de Contrat
Chercheur en contrat CDD
Temps de Travail
Complet
Lieu de Travail
75116 PARIS 16
Durée du contrat
18 mois
Date d'Embauche
01/02/2027
Rémuneration
Rémunération conforme aux barèmes du CNRS, entre 2 991€ et 4 756€ bruts par mois, en fonction de l’expérience.
Postuler Date limite de candidature : jeudi 22 octobre 2026 23:59
Description du Poste
Les Missions
Le poste de post-doctorant·e est à pourvoir dans le cadre de l’ANR interdisciplinaire « Préservation de la diversité microbienne laitière dans un marché mondialisé (FERMENTS) », qui réunit chercheurs et chercheuses en SHS et en microbiologie pour analyser les modalités de préservation de la diversité microbienne des socio-écosystèmes (SES) laitiers dans le contexte de la mondialisation des ferments lactiques utilisés pour leur fabrication. Le projet vise à étudier en France, Jordanie et Mongolie les déterminants biologiques, écologiques, sociaux, économiques et politiques qui structurent les trois SES microbiens laitiers : le SES industriel (lait pasteurisé, ferments industriels), le SES artisanal (lait cru, ferments issus d’une précédente fabrication) et le SES mixte (lait cru, ferments industriels). Le candidat ou la candidate devra mener une enquête de terrain ethnographique et une recherche archivistique pour le volet Mongolie de ce projet, qui vise à fournir une analyse anthropologique des technologies laitières et des ferments lactiques mongols, du fonctionnement des différents socio-écosystèmes, ainsi que des communautés qui y vivent et les façonnent. Le candidat ou la candidate retenu·e travaillera de façon étroite avec Sandrine Ruhlmann, responsable scientifique du volet Mongol, et participera également aux activités plus larges du projet FERMENTS dans son ensemble.
L'Activité
Recherche. Située à Ulaanbaatar, dans une ou deux capitales provinciales et dans la steppe, l’enquête ethnographique en Mongolie L’objectif sera notamment d’évaluer l’impact de ces pratiques d’ensemencement sur la flore native du lait, les industries laitières mongoles dépendant de ferments industriels importés.
La Mongolie constitue un terrain privilégié pour étudier l’industrialisation microbienne laitière. Le projet se concentrera sur des produits à fort ancrage territorial présents dans ces trois SES, faisant l’objet de fabrications industrielles, artisanales et/ou mixtes. Le tarag (« yaourt, lait fermenté ») en est un exemple. Les éleveurs nomades le fabriquent à partir de lait cru ensemencé avec une petite quantité de ferment (targijn höröngö), ou « vieux yaourt » (huučin tarag), provenant d’une fabrication précédente. À Ulaanbaatar, l’entreprise laitière Cүү, fondée en 1958 puis privatisée en 1992, fabrique du tarag, tout comme la coopérative Milkman depuis 2020. Compte tenu des volumes produits, ces entreprises recourent vraisemblablement à des ferments industriels prêts à l’emploi importés, la Mongolie ne produisant pas encore ses propres ferments industriels (Tsend-Ayuush C., Mashentseva NG. et al. 2016). Les pratiques d’ensemencement de l’industrie laitière mongole restent cependant très peu documentées. La personne recrutée devra donc mener prioritairement une enquête de terrain dans les SES industriel et mixte.
La ou le chercheur postdoctoral participera au projet FERMENTS et contribuera à sa synthèse interdisciplinaire finale. Les axes de recherche prioritaires seront définis avec la responsable du projet Sandrine Ruhlmann pour la Mongolie parmi les suivants : 1) Quelles techniques laitières sont mises en œuvre dans les trois SES ? Il s’agira d’en analyser les déterminants politiques, économiques, écologiques, sociaux et culturels, ainsi que les transformations récentes d’une industrie apparue dans les années 1960, sous le régime communiste. Une attention particulière sera portée aux transferts de technologies entre les SES artisanaux, mixtes et industriels : par qui, comment, où et dans quels objectifs ont-ils été opérés ? 2) Quels sont les savoirs, techniques et pratiques laitières mobilisés dans les entreprises d’Ulaanbaatar, les coopératives provinciales et les yourtes des éleveurs nomades ? L’enquête documentera les savoirs et savoir-faire locaux, leur transmission et leur administration, en tenant compte des liens persistants entre populations sédentaires et pastoralisme nomade. Il s’agira notamment d’étudier les transferts de technologies dans leurs contextes politique, économique et écologique et d’en évaluer les résultats. Dans les années 1960-1980, l’anthropologue française Françoise Aubin s’interrogeait déjà sur les « coagulants » utilisés dans l’industrie laitière naissante : présure animale ou ferment lactique, artisanal ou industriel (Hille & Ruhlmann 2022). Cette question renvoie au maintien et à la transmission des savoirs liés au pastoralisme et aux techniques laitières. L’hypothèse d’une perte de diversité microbienne doit ainsi être documentée à travers l’étude des transmissions verticales (entre générations) et horizontales (entre éleveurs, employés et techniciens), essentielles au maintien des SES microbiens laitiers.
Les SHS et les SDV mobiliseront leurs méthodes propres pour produire des données qui seront intégrées dans une base de données interdisciplinaire ouverte. Les SHS enquêteront auprès des différents acteurs des SES laitiers (transformateurs, techniciens, scientifiques, etc.) à partir d’observations participantes, d’entretiens semi-directifs et d’un travail documentaire (archives, réglementations sanitaires et commerciales, publications scientifiques depuis les années 1920). Un codage thématique permettra d’identifier les déterminants socioculturels, économiques et politiques de la biodiversité microbienne. Croisées avec les données biologiques sur la diversité des produits, ferments et laits, ces données alimenteront la base de données, l’une des productions majeures du projet FERMENTS. Son analyse statistique permettra ensuite d’étudier les relations entre ces déterminants et la biodiversité microbienne.
Votre Profil
Compétences
Le candidat ou la candidate doit être titulaire d’un doctorat en anthropologie, posséder une bonne maîtrise de la langue mongole (enquête de terrain, archives) et de la langue anglaise (rapports), avoir une solide expérience ethnographique et manifester un vif intérêt scientifique pour les questions liées aux relations entre les sociétés et leur environnement (ethnoécologie, anthropologie de la nature, anthropologie environnementale). Des compétences et/ou des connaissances dans le domaine des systèmes pastoraux ou de l’écologie sont souhaitables. Le candidat ou la candidate doit également posséder des aptitudes pour le travail interdisciplinaire, notamment dans les domaines des sciences, technologies et sociétés (STS), de la biologie et des études sur le développement durable. Il doit faire preuve d’indépendance et d’autonomie, en particulier sur le terrain. Le candidat ou la candidate doit être disposé·e à se déplacer, car il·elle sera principalement chargé·e de mener un travail de terrain ethnographique approfondi en Mongolie — dans la capitale Ulaanbaatar et dans la steppe auprès des éleveurs nomades (au total, 6 mois). Le candidat ou la candidate retenu·e ne sera pas nécessairement basé·e à Paris (Musée national d’histoire naturelle, site du Musée de l’Homme). Les réunions du projet seront basées à Paris.
Votre Environnement de Travail
Le chercheur ou la chercheuse postdoctoral·e sera encadré·e par la responsable du projet en Mongolie, Sandrine Ruhlmann (chercheuse au CNRS rattachée au MNHN, Musée de l'Homme, à Paris), anthropologue spécialisée dans la culture mongole, experte en technologie, alimentation et pastoralisme.
Il ou elle bénéficiera de l'environnement interdisciplinaire du laboratoire d'Éco-anthropologie — en particulier au sein de l'équipe de recherche en Ethnoécologie, dont il ou elle fera partie —, ainsi que du riche environnement multidisciplinaire du Muséum national d'histoire naturelle à Paris.
- pièces à fournir : court CV et lettre de motivation
- entretien : en visio
- le nom du post-doc figurera pendant la durée du contrat et après celle-ci dans les publications, communications issues du travail du post-doctorat et des membres du projet ANR
Contraintes et risques
Les ressources humaines et techniques nécessaires à la réalisation de ce post-doctorat ont été prévues et budgétisées, notamment celles destinées aux travaux de terrain (billets d’avion, indemnités journalières, etc.). La Mongolie n’est pas considérée comme une destination à haut risque, toutefois une formation aux conditions de vie en milieu isolé serait appréciée.
Rémunération et avantages
Rémunération
Rémunération conforme aux barèmes du CNRS, entre 2 991€ et 4 756€ bruts par mois, en fonction de l’expérience.
Congés et RTT annuels
44 jours
Pratique et Indemnisation du TT
Pratique et indemnisation du TT
Transport
Prise en charge à 75% du coût et forfait mobilité durable jusqu’à 300€
À propos de l’offre
| Référence de l’offre | UMR7206-SANRUH-001 |
|---|---|
| Section(s) CN / Domaine de recherche | Anthropologie et étude comparative des sociétés contemporaines |
| Expérience souhaitée | 5 à 10 années |
À propos du CNRS
Le CNRS est un acteur majeur de la recherche fondamentale à une échelle mondiale. Le CNRS est le seul organisme français actif dans tous les domaines scientifiques. Sa position unique de multi-spécialiste lui permet d’associer les différentes disciplines pour affronter les défis les plus importants du monde contemporain, en lien avec les acteurs du changement.
Créer une alerte
Ne manquez aucune opportunité de trouver le poste qui vous correspond. Inscrivez-vous gratuitement et recevez les nouvelles offres directement dans votre boite mail.