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H/F Doctorant - analyse et documentation d'une langue du Nigeria

Cette offre est disponible dans les langues suivantes :
Français - Anglais

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Informations générales

Référence : UMR8135-JEAZER-005
Lieu de travail : VILLEJUIF
Date de publication : mercredi 6 mai 2020
Nom du responsable scientifique : Mark VAN DE VELDE
Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
Durée du contrat : 36 mois
Date de début de la thèse : 1 octobre 2020
Quotité de travail : Temps complet
Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

Description du sujet de thèse

domaines: analyse grammaticale; linguistique documentaire

Le but du projet de recherche doctorale est de produire une analyse grammaticale, un lexique d'au moins 1400 mots et une documentation linguistique (enregistrements audio et vidéo d'un ensemble varié de monologues et dialogues, transcriptions et métadonnées) d'une langue jusque-là non-écrite et non-étudiée, parlée dans la vallée de la Bénoué au Nigeria.

La vallée de la Bénoué est très peu connue, aussi bien au point de vue historique qu'anthropologique et linguistique. Linguistiquement, il s'agit d'une région extrêmement fragmentée. Le grand nombre de langues qui y sont parlées sont tellement peu documentées, que leur classification généalogique demeure largement inconnue. Sans progrès dans ce domaine, la question de la classification interne du phylum Niger-Congo paraît impossible à résoudre. Des missions de pilotage récentes dans le cadre du projet AdaGram (http://llacan.vjf.cnrs.fr/AdaGram/), ont démontré que la vallée de la Bénoué est actuellement une zone d'accumulation. En revanche, les résultats d'une étude de la fréquence lexicale des consonnes labio-vélaires dans les langues africaines suggère que la vallée de la Bénoué était auparavant plutôt une zone de refuge pour les populations pré-Niger-Congo (Idiatov & Van de Velde 2018). L'intérêt des langues de cette région pour la classification généalogique, la préhistoire africaine et la linguistique aréale, est donc indéniable.

Le choix de la langue à étudier sera déterminé avec le/la candidat(e), mais la préférence sera donnée aux langues des groupes adamaoua, jukunoïde ou jarawa, qui ont un intérêt direct pour les recherches en cours au Llacan.
L'analyse grammaticale mettra l'accent sur les aspects de la grammaire de la langue retenue qui ont le plus grand intérêt théorique. Vu que rien n'est connu sur la langue, il est impossible de prévoir de quels traits il s'agira, mais le profil typologique des langues de la région en général dirige l'attention vers les sujets suivants :
- les traces éventuelles de l'érosion d'une morphologie anciennement plus ;
- l'émergence récente éventuelle de niveaux tonals distinctifs, observables à travers les relations entre tons et segments ;
- la présence, la distribution phonotactique, la fréquence lexicale et la production de consonnes complexes ou rares, tels que labio-vélaires et flap labiodental ;
- les phénomènes de contact de langue et de basculement linguistique, les liens éventuels entre traits linguistiques, histoire orale et liens culturels entre groupes linguistiquement différents ; l'influence éventuelle de pratiques de tabou sur le renouvellement lexical ;
- les stratégies utilisées dans le discours rapporté.

Contexte de travail

Le contrat est financé par le programme Thèses Internationales du CNRS.
Le/a candidat(e) retenu(e) sera basé(e) au LLACAN (UMR 8135 CNRS-Inalco) et à IFRA-Ibadan (USR 3336 Afrique au sud du Sahara). L'encadrement en France et au Nigeria sera assuré par Dmitry Idiatov et Mark Van de Velde, ainsi que par d'autres membres du LLACAN. Le/a candidat(e) retenu(e) s'inscrira dans le programme doctoral de l'INALCO à Paris (ED 265). Il/elle est censé(e) publier dans les revues à comité de lecture et soutenir la thèse dans un délai idéal de trois ans.

Contraintes et risques

Un des défis les plus importants, qui est d'ailleurs directement responsable de notre pauvre connaissance de la région, est l'insécurité dans le nord-est du Nigeria. Pour y faire face, nous avons développé une stratégie de recherche collaborative qui s'appuie sur les comités que les communautés minoritaires ont créés pour développer leur langue. Cette stratégie permet à nos doctorants qui travaillent dans la région d'avancer quand leur terrain est momentanément inaccessible.
Le CNRS accorde la plus haute importance à la sécurité de ses chercheurs. Toutes les missions dans les régions à risque sont sujettes à l'autorisation préalable du fonctionnaire-défense sur la base d'une évaluation des risques par le CNRS et le Ministère des affaires étrangères. En cas de risques de sécurité dans la région immédiate où la langue étudiée est parlée, les recherches sur le terrain se dérouleront à l'IFRA sur le campus de l'Université d'Ibadan ou dans un autre endroit sécurisé dans la région.

Informations complémentaires

Les candidat(e)s doivent:
- avoir un master en linguistique à la date de l'entrée en fonction
- avoir une excellente maîtrise de l'anglais

Les candidat.e.s sont censé.e.s :
- avoir eu une formation poussée en phonétique, phonologie et morphosyntaxe
- être prêt.e.s à effectuer des séjours de recherche prolongés au Nigeria

Idéalement, les candidat.e.s ont également:
- eu une formation aux méthodes de recherche de terrain et la documentation linguistique
- une connaissance de la linguistique africaine
- une connaissance de la typologie linguistique
- une expérience d'analyse des langues sans tradition écrite.

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